L'histoire de kunda Kinkisho main

L’histoire de Kunda Kinkisho – 薫田金樹翔の物語


Qui se fie à la mer se fie à la mort. Qui meurt en mer meurt donc toujours par sa faute. C’est pourquoi les noyés, qu’ils aient péri volontairement ou non, restent faire pénitence à l’endroit où ils ont été engloutis jusqu’à ce que d’autres viennent se noyer à la même place. Alors, seulement ils sont délivrés.
  La légende de la mort en Basse-Bretagne
, Anatole le Braz, 1893

海を信用する者は死をも信用する。海で死ぬ者はだから常に自分の落ち度で死ぬのだ。故意に死んだか否かにかかわらず、溺死者たちがのみ込まれた場所に残って罪を償うのはそのためだ同じ場所へ別の者が溺れにやって来るまで。その時はじめて彼らは自由の身になる
  (アナトール・ル=ブラース『ブルターニュ 死の伝承』 1893年)

Mathurin Méheut

Paysage campagnard d’été, gouache de Mathurin Méheut

        Lorsque le tsunami du 15 juin 1896 frappa la côte de Sanriku, au nord-est du Japon, Kunda Kinkisho avait 8 ans et était en mer. En ce jour de fête des garçons dans le calendrier luni-solaire chinois son père avait décidé qu’ils passeraient la nuit ensemble sur l’un de ses bateaux, comme les pêcheurs de la région avaient coutume de faire à cette époque de l’année. La pêche avait été exceptionnelle et, tout accaparé par l’activité à bord, Kunda Kinkisho ne sentit pas passer la vague sous lui. Lorsqu’ils rentrèrent au port de Kamaishi le lendemain matin et découvrirent la violence du tsunami, les corps noyés et démembrés, éparpillés à perte de vue dans les décombres et, parmi eux, celui du Père Henri Rispal, Kunda Kinkisho en fut profondément choqué. Comment les dieux avaient-ils pu vouloir la mort de cet homme si loin de chez lui avec autant d’acharnement ? Non pas que Kunda Kinkisho était devenu chrétien, car finalement, le dieu du Père Henri n’était qu’un dieu parmi d’autres, ni que sa vie valait plus que celle des autres, mais parce qu’il était un ami de la famille et une personne à laquelle Kunda Kinkisho s’était attachée. Toute sa vie durant il gardera en mémoire le souvenir de cette terrible matinée et souvent il repensera au Père Henri.

        1896年6月15日の津波が日本の東北地方三陸海岸を襲ったとき、薫田金樹翔(くんだ・きんきしょう)は8歳で、海に出ていた。中国の太陰太陽暦で男子のお祭りであったこの日、彼の父親は、一年のこの時期に地元の漁師たちがするように、持ち船の一艘にふたりで乗り、夜を過ごすと決めていた。並はずれた豊漁で、船上での仕事に没頭していたため、薫田金樹翔は波が自分の下を通って行ったことに気づかなかった。翌朝ふたりが釜石港に戻って、津波の猛威と、瓦礫のあいだに見渡すかぎり散らばった四肢をもがれた溺死体、そのなかにアンリ・リスパル神父の遺体を目の当たりにしたとき、薫田金樹翔はそれに深い衝撃を受けた。どうしたら神々は、故郷から遠く離れたこの男の死をそれほど熱望できたのだろうか? アンリ神父の神は結局のところ何人もいる神々の一人でしかないため、薫田金樹翔がキリスト教に改宗していたからではない。また彼の命が他の者たちの命より価値のあるものではなかったという訳でもない。神父が一家の友人で、薫田金樹翔がこの人物になついていたからだ。彼は生涯を通してこの恐ろしい朝の思い出を持ち続け、頻繁にアンリ神父について思い返すこととなる。

         Issu d’une famille de marchands qui avait réussi dans la pêche commerciale, à l’âge de 18 ans Kunda Kinkisho fut envoyé à Tokyo par son père pour poursuivre ses études et capitaliser sur cette nouvelle manne que représentait l’ouverture du Japon à l’Occident. Kunda Kinkisho ambitionnait depuis longtemps d’apprendre le Français, la langue du Père Henri. Pour son père, l’étude d’une langue étrangère n’était pas une fin en soi. En effet, en cette fin de l’ère Meiji, l’apprentissage des langues était avant tout considéré comme un moyen, celui d’accéder aux connaissances de l’Occident. Les savoirs étaient regroupés par pays et la langue française était celle de l’armée, du droit et des arts. Dans les années 1920 quelques 2000 Japonais résideront à Paris, parmi eux, quelques 200 peintres. Kuroda Seiki, qui vécut en France dans les années 1880-1890 en compagnie de Kume Keiichirō, fera figure de pionnier et de maître dans la mouvance yoga, la peinture japonaise de style occidental.

漁業で成功を収めた商家出身の薫田金樹翔は、学業を続けて、日本の西洋への開国がもたらす恩恵を利用して蓄財するため、18の歳に父親から東京へ送られた。薫田金樹翔は長いあいだ、アンリ神父の言葉フランス語を学ぶことを熱望していた。彼の父親にとっては、外国語を学ぶことはそれ自体が目的ではなかった。実際、この明治の終わりにあって、外国語習得はひとつの手段、西洋の知に近づくための手段であった。知識は国ごとに集合され、フランス語は軍、法律、芸術の言葉であった。1920年代には2000人ほどの日本人がパリに住み、そのうち200人ほどが画家だった。1880~90年代に久米桂一郎とともにパリに暮らした黒田清輝は、洋画、すなわち西洋式の日本画のパイオニアであり巨匠とみなされている。

Kume Kehiichiro

Île de Bréhat, peinture de Kume Keiichirō, 1891

        C’est ainsi que Kunda Kinkisho apprit le droit à l’université Hosei pendant 4 ans et prit des cours du soir de Français à l’école de l’Étoile du Matin. Quand il arriva à Tokyo en 1908, le Japon était ouvert au monde extérieur depuis une quarantaine d’années, le marché de l’enseignement était une vraie fourmilière et la soif d’apprendre des Japonais ne tarissait pas. La maîtrise des langues européennes était non seulement encouragée mais le gouvernement japonais envoyait aussi nombre d’étudiants boursiers dans les pays occidentaux. Kunda Kinkisho rêvait d’un voyage en France. À Tokyo il retrouva le peintre Tetsugorō Yorozu, son aîné de 3 ans et originaire lui aussi de la province d’Iwate. Leurs pères, tous deux entrepreneurs, avaient travaillé ensemble par le passé et se connaissaient bien. Tetsugorō Yorozu, qui introduira plus tard le cubisme au Japon et qui revient des États-Unis, guidera Kunda Kinkisho dans les milieux artistiques de Tokyo et en particulier autour du cercle de peintres Hakubakai fondé par Kuroda Seiki. Kunda Kinkisho y rencontre Kume Keiichirō et se lie d’amitié avec lui. Kume Keiichirō sera le premier à lui parler de la Bretagne qu’il a découverte avec Kuroda Seiki, mais ce sera celle de l’île de Bréhat, celle de la mer et Kunda Kinkisho n’aime plus la mer depuis cette fameuse matinée. Il s’en désintéresse. En 1910 sort le livre Tōno monogatori – Les légendes de Tōno de Yanagita Kunio. Tōno est la ville voisine de celle de Kamaishi où Kunda a grandi. Il s’empressera de l’acheter et de le lire mais en sera déçu. Il n’y trouve pas les réponses qu’il cherche.

薫田金樹翔はこうして4年間法政大学で法律を学び、暁星学園の夜間クラスでフランス語の授業を受けた。彼が1908年に東京に到着したとき、日本は40年ほど前から開国しており、教育市場には蟻塚のように人が群れ、日本人の学習熱は涸れることを知らなかった。西欧語を操ることが奨励されただけでなく、日本政府は西洋各国へ奨学生を派遣してもいた。薫田金樹翔はフランスへ旅することを夢見ていた。東京では、3年上で同じく岩手出身の画家、萬鉄五郎(よろず・てつごろう)と再会する。いずれも企業家であった父親同士が過去にともに働き、よく知った間柄であった。のちにキュビスムを日本に紹介することとなる米国帰りの萬鉄五郎は、東京の美術界、なかでも黒田清輝が設立した画家の団体、白馬会へと薫田金樹翔を導いていく。薫田金樹翔はそこで久米桂一郎と出会い、友情で結ばれることになる。久米桂一郎は彼にブルターニュについて話した最初の人物で、久米は黒田清輝とともにブルターニュを知ったのである。しかし、それはブレア島のブルターニュ、例の朝以来、薫田金樹翔がもう好きではなくなった海のブルターニュであった。彼は興味を持たなかった。1910年、柳田国男の『遠野物語』が出版される。遠野は薫田が育った釜石の隣町である。急いで本を買い読んだが、失望した。探している答えは見つからなかったのだ。

En 1911 il décroche une bourse pour une année d’étude à Paris et le 15 juin 1912 il sera dans le premier train de la toute nouvelle ligne Tsuruga-Tokyo. Après avoir traversé la mer du Japon pour rejoindre Vladivostok, il part pour la France par le Transsibérien. À Moscou il devra encore prendre le Nord-Express via Saint Pettersbourg, Berlin, Cologne et Bruxelles pour atteindre Paris. Après 17 jours de voyage, contre plus de 50 par la mer, il arrive juste à temps pour la session de juillet des Cours de Vacances de langue française organisés par l’Alliance Française. Comme d’autres de ses compatriotes avant lui il s’installe en pension à l’hôtel Soufflot situé non loin du Panthéon. Il fréquente Montmarte et prend des cours de droit à l’université de Paris et des cours de philosophie à la faculté des lettres. Lorsqu’il arrive à Paris, c’est le peintre Kobayashi Mango qu’il retrouve pour l’avoir côtoyé dans le cercle Hakubakai. Ce dernier le présente au peintre Yamamoto Kanae et à plusieurs autres artistes japonais installés dans la capitale. Ils ne sont alors pas très nombreux. À Montmarte Kunda Kinkisho rencontre le poète Noël Nouët qui deviendra son professeur particulier de Français. Il sera d’ailleurs l’un de ses tous premiers étudiants. Kunda Kinkisho s’interroge toujours, les deux hommes s’apprécient, ils parlent beaucoup dans un Français que désormais Kunda maîtrise bien et Noël Nouët lui offre La légende de la mort en Basse-Bretagne d’Anatole Le Braz publié en 1893, l’année où Kuroda Seiki et Kume Keiichirō rentrent au Japon. Ce livre sera pour Kunda Kinkisho une révélation. La fluidité de la langue, l’enracinement des histoires dans le quotidien l’émerveillent. Lorsque Yamamoto Kanae et Kobayashi Mango lui proposent de partir six semaines en Bretagne avec eux et quelques autres pendant les vacances de l’été 1913, il sera le premier à faire ses bagages.

1911年、薫田は一年間パリで勉強するための奨学金を獲得し、1912年6月15日、できたばかりの敦賀-東京線の一番列車に乗った。日本海をわたってウラジオストックにたどり着き、シベリア鉄道でパリへと向かう。パリに到着するためには、モスクワからまたサンクトペテルブルク、ベルリン、ケルン、ブリュッセル経由の北急行に乗らなければならない。船旅では50日かかるところ、17日間の旅を経て、アリアンス・フランセーズのフランス語7月夏期講座に間に合うように到着した。彼の前の他の同郷人と同様、パンテオン近くのホテル・スフロに賄いつきで宿を定める。モンマルトルに通い、パリ大学で法律の授業、文学部で哲学の授業を受けた。パリに着いたとき、白馬会で接した小林萬吾に再会する。小林は彼を画家山本鼎(やまもと・かなえ)や、都に住みついた他の日本人芸術家に紹介した。彼らはまだそう多くはなかった。モンマルトルで薫田は、のちに彼のフランス語の個人教師となる詩人ノエル・ヌエットに出会う。薫田は初期の生徒の一人である。薫田金樹翔はあいかわらず自問を重ね、ふたりは互いを高く評価し、多くのことをフランス語で語り合うのだが、薫田は以降、フランス語をよく操るようになった。そしてノエル・ヌエットは、アナトール・ル=ブラース著、1893年刊行の『ブルターニュ 死の伝承』を薫田に贈る。1893年は黒田清輝と久米桂一郎が日本に帰国した年だ。この著作は薫田金樹翔にとって啓示となった。言語のなめらかさと、物語が日常に根差している点が彼を感嘆させる。1913年夏、山本鼎と小林萬吾から、彼らや他数名に同行して6週間ブルターニュに向かうことを提案されたとき、初めに荷造りをしたのは薫田であった。

Kanae Yamamoto

Été en Bretagne, peinture de Yamamoto Kanae, 1913

        Kunda Kinkisho prend d’abord le train jusqu’à Rennes. De là, il se rend à Redon, toujours en train, pour attraper la ligne Savanay-Landerneau jusqu’à Quimperlé. À Quimperlé il monte dans le Petit Train qui va jusqu’à Concarneau et descend à Pont-Aven pour enfin arriver à Moëlan-sur-Mer, deux communes plus loin, où il retrouve toute l’équipe de Yamamto Kanae au prieuré de Kerfany récemment reconverti en hôtel. Et pendant que la petite équipe d’artistes passe son temps à peindre et à discuter de leurs illustres prédécesseurs qui ont fait la renommée de Pont-Aven, Kunda parcourt la campagne bretonne à pieds. D’abord dans les environs, le long du Bélon. C’est sur les berges de cette rivière connue pour ses huîtres qu’il rencontre le jeune fils d’un ostréiculteur qui parle Français, Yann Cos. Car Kunda Kinkisho est ici en pays bretonnant et à cette époque le Français est loin d’y être parlé par tous. Si deux tiers des enfants sont bilingues, seul un quart des adultes le comprend et le parle. Kunda Kinkisho lui propose de l’accompagner dans ses pérégrinations et c’est ensemble qu’ils vont sillonner la région. À l’occasion d’une excursion à Concarneau avec Yamamoto Kanae et son équipe, Kunda Kinkisho découvre au château de Kériolet où un musée lui est dédié le peintre Alsacien Camille Bernier, ambassadeur paysagiste de la Bretagne. Ses scènes boisées, à la fois intimes et majestueuses, retiennent son attention. À l’ouest, la mer se referme sur lui, il se sent oppressé, à l’est il est encore trop près du rivage. Il décide de partir vers le nord en direction de Bannalec et du manoir de Kerlagadic où Camille Bernier a vécu et peint.

薫田金樹翔はまずレンヌまで列車に乗った。そこからまた列車でルドンに赴き、カンペルレまでサヴァネイ-ランデルノー線に乗る。カンペルレではコンカルノーまで行くプチ・トレインに乗って、ポンタヴェンで下車、さらに村ふたつ離れたモエラン・シュル・メールに到着。そこで、最近ホテルに改修されたケルファニー修道院で山本鼎のグループに合流した。この小さな芸術家グループが絵を描き、ポンタヴェンの評判をなした高名な先駆者たちについて議論するあいだ、薫田は徒歩でブルターニュの田園を歩き回るのだった。まず近郊で、ベロン川に沿って。牡蠣養殖業者の若い息子でヤン・コスに出会ったのも、牡蠣で知られるこの川の土手であった。ヤン・コスはフランス語を話した。というのも、薫田金樹翔はいまやブルトン語地域にいるのであり、この時代、そこでは、皆がフランス語を話していたというにはほど遠かった。半数の子供は二言語を話していたが、大人では四分の一のみがフランス語を理解し話していた。薫田金樹翔は彼に自分の遊行に同行することを申し出、ともにこの地方を縦横に歩いた。山本鼎とそのグループとコンカルノーへ遠出した際、薫田金樹翔は、アルザス出身の画家カミーユ・ベルニエを彼の美術館があるケリオレ城で発見する。ベルニエはブルターニュの風景画を代表する画家である。親しみやすいと同時に荘厳でもある樹木の生い茂った風景画が彼の注意をひきつけたのだった。西に行けば海が行く手を阻んで彼は息苦しさを感じ、東へ行ってもまだ海岸から近すぎる。彼は北の方角、バナレックと、カミーユ・ベルニエが暮らし描いたケルラガディック館へ行くことを決めた。

À Riec-sur-Bélon, toujours accompagné de Yann Cos, Kunda Kinkisho prit la route de Trévoux et à la Croix de Kerduté ils bifurquèrent en direction de Bannalec. C’est là qu’ils rencontrèrent une vieille mendiante. Yann Cos échangea quelques mots avec elle en Breton, Kunda Kinkisho lui donna une pièce et ils se remirent en marche. Ils explorèrent les environs jusqu’au hameau de Loj Nahennou et décidèrent de rentrer. Le lendemain Yann Cos devait travailler avec son père. Seul et toujours sur le chemin de Bannalec qu’il n’avait pas encore atteint, Kunda Kinkisho reprit la même route et revit la vieille mendiante au même endroit, assise au pied de la croix. Il la salua, lui redonna une pièce et poursuivit son chemin. À mesure qu’il avançait les champs et les incultes étaient moins nombreux et la campagne s’épaississait. Il arriva enfin à Bannalec, trouva le manoir de Kerlagadic, se promena dans les bois de Quimerc’h et poussa jusqu’à la rivière de l’Isole. Tard dans la journée il reprit la route du prieuré de Kerfany et à la Croix de Kerduté quelle ne fut pas sa surprise de revoir la vieille mendiante. Il allait passer sans s’arrêter lorsqu’elle l’interpella en Français. En échange d’une dernière pièce elle proposa de lui raconter une histoire. Intrigué, Kunda Kinkisho s’installa.

ヤン・コスに付き添われ、薫田金樹翔はリエック・シュル・ベロンでトレヴー街道を進み、ケルデュテの十字架でバナレックへの道をとった。彼らが年老いた乞食女に出会ったのはこの場所であった。ヤン・コスはブルトン語で彼女と言葉を交わし、薫田は硬貨を与え、ふたりは歩を続けた。 ロジュ・ナエヌーの部落まで近郊を探索し、引き返すことに決めた。翌日、ヤン・コスは父親と一緒に働かなければならなかった。まだ着かぬバナレックへと同じ道をひとりでたどり、同じ場所で十字架の足元に腰かけた同じ乞食に再会する。薫田は女に挨拶し、硬貨を与え、道を続けた。進むにつれ、野原と未開墾地は少なくなり、田園が色濃くなってきた。とうとうバナレックへ着いた。ケルラガディックの館を見つけ、キメルクの森を散策し、イゾル川まで足を延ばした。その日も遅くなってからケルファニー修道院への道を戻ったが、ケルデュテの十字架で年老いた乞食女に再び行き合ったときの驚きはいかばかりであったろうか。立ち止まらずに行き過ぎようとすると、乞食女はフランス語で話しかけてきた。最後の硬貨と引き換えに、女は物語を語ることを申し出た。当惑し、薫田は腰を下ろす。

Camille Bernier

Soir en Bretagne, peinture de Camille Bernier, 1891

          Du temps où elle était enfant, dans la forêt de Cascadec, entre Bannalec et Scaer, existaient encore trois fontaines sacrées. Les fontaines de Cascadec et de Kergaouen qui existent toujours, et une troisième, aujourd’hui oubliée, dédiée à Saint Diboan. Les jeunes filles en âge de se marier et soucieuses de connaître leur avenir venaient déposer à la surface de l’eau de cette fontaine une épingle. Si elle ne s’enfonçait pas, la jeune fille se marierait avant qu’une année entière ne se soit écoulée. Par contre, si elle coulait, c’était un présage de mort. Pour cette divination funèbre, les jeunes filles en avaient peur et souvent c’était après la mort d’un proche qu’elles osaient s’y rendre. Le malheur étant passé, les chances qu’il se reproduise étaient moindre. L’histoire qui se racontait alors remontait au début du siècle, du temps des guerres de Napoléon. Fañche ar Braz de Kervadiou avait un fiancé qui était parti au front et elle attendait impatiemment son retour pour se marier. Elle venait de perdre son grand-père et elle s’était décidée à aller interroger la fontaine de Saint Diboan. Lorsqu’elle y déposa une épingle, cette dernière s’enfonça d’abord et puis remonta à la surface. Paniquée, puis soulagée, Fañche en conclut que l’épingle n’avait pas coulé. Avant l’été prochain elle se marierait. Arriva Noël et le fiancé de Fañche n’était toujours pas rentré.

女が子供だったとき、バナレックとスケールのあいだのカスカデックの森には、三つの泉があった。まだあるカスカデックの泉とケルガウエンの泉と、聖ディボアンに捧げられ、今は忘れられてしまった第三の泉だ。未来を知りたがる結婚適齢期の若い娘たちが、この泉の水面に留め針を浮かべに来るのだった。もし針が沈まなければ、一年がたつ前に結婚する。しかしもし沈むと、それは死の予兆なのであった。娘たちはこの陰気な占いを恐れ、しばしば身内の死の後に思い切って行ってみるのだ。不幸は通り過ぎ、もう一度起こる可能性は少なくなったというわけだ。物語はその世紀の始め、ナポレオン戦争の時代にまでさかのぼる。ファンシュ・アル・ブラース・ド・ケルヴァディウには、前線に赴いた許婚がおり、結婚のため彼が戻るのを心待ちにしていた。祖父を亡くしたばかりで、聖ディボアンの泉にお伺いを立てに行くことを決心した。留め針を浮かべると、まず沈み、そして水面に浮かび上がってきた。初めは慌てふためいたがほっとして、ファンシュは針は沈まなかったのだと結論づけた。次の夏が来る前に彼女は結婚するのだ。クリスマスになったが、ファンシュの許婚はまだ帰って来なかった。

La fin de l’année apportait comme toujours son lot de gaieté, les langues babillaient et à l’époque où les nuits sont les plus longues les histoires de morts et de revenants ressortaient à toutes les veillées. De ces légendes qu’elle entendait depuis sa plus tendre enfance, l’histoire qui fascinait le plus Fañche était celle des animaux qui parlaient la nuit de Noël. Son grand-père lui avait toujours interdit d’aller les écouter et pour la première fois il n’était pas là. Celui ou celle qui s’y risquait, disait-on, s’exposait à apprendre par les animaux soit sa propre mort, soit celle d’un proche. La curiosité de Fañche fut la plus forte et elle passa la nuit de Noël dans l’étable. C’est alors qu’elle entendit les animaux discuter entre eux et prédire sa mort sous huitaine. Fañche bondit hors de sa cachette et leur répondit que la fontaine de Saint Diboan avait prédit son mariage avant l’été. Une semaine passa et la nuit du jour de l’an, à minuit, sonna quelqu’un à sa porte. C’était son fiancé, mort à la guerre et dernier mort de l’année, qui venait la marier. On ne les revit plus jamais. Kunda Kinkisho, tout absorbé par l’histoire de la vieille mendiante, reprit ses esprits. La nuit allait bientôt tomber, il la remercia et, perturbé, se remit en route. Il n’était pas arrivé à Riec-sur-Bélon qu’il croisa un homme avec un grand chapeau assis sur le bord du talus. Ils se saluèrent et l’homme lui demanda s’il voulait bien faire un bout de route ensemble. Kunda Kinkisho accepta volontiers et, chemin faisant, il lui raconta l’histoire de Fañche qu’il venait d’entendre. « Rentre chez toi » lui dit alors l’homme au chapeau. « La mort n’a qu’une parole. Nul ne la trompe et elle ne se trompe pas. Le moment voulu ton tour viendra et ce jour là tu partiras en paix. »

年末はいつものようにお楽しみがいっぱいで、おしゃべりもはずんだ。夜が一番長い時季、あらゆる夜の集いで死者と幽霊の話が持ち出される。幼いときから聞いてきたこれら伝説のうち、ファンシュをもっとも魅了したのは、クリスマスの夜、動物たちが口をきくというものだった。動物たちの会話を聞きに行くのはいつも祖父から禁止されており、祖父がいないのは初めてだった。あえて冒険する者は、動物たちから自分あるいは身近な者の死を教えられる危険があると言われていた。ファンシュの好奇心はたいへん強く、彼女はクリスマスの夜を馬小屋で過ごした。そのとき、動物たちが仲間同士で話し合い、一週間後の彼女の死を予言するのを聞いてしまったのだ。ファンシュは隠れ場所から飛び出し、聖ディボアンの泉が夏前に彼女が結婚すると予言してくれたのだと動物たちに答えた。一週間が過ぎ、新年の夜、真夜中に誰かが彼女の家の扉をたたいた。それは許婚だった。戦争で死んだ今年最後の死者が、彼女を娶りに来たのだ。それ以来、ふたりを見た者は誰もいない。老乞食の話に夢中になっていた薫田金樹翔は我に返った。まもなく夜になろうとしていた。彼は女に礼を言い、混乱しながらも再び歩き始めた。道端の斜面に座り大きな帽子をかぶった男と行き合ったのは、リエック・シュル・ベロンに着く前だった。挨拶を交わすと、男は少しのあいだ一緒に歩きたいか問うのだった。薫田金樹翔は喜んで了承し、道すがら聞いたばかりのファンシュの話を語った。「家に帰りたまえ」帽子の男は言った。「死にはひとつの言葉しかない。誰も死を欺くことはできず、死も誤ることはない。時が来れば君の番だ。その日、君は心安らかに旅立つのだ」

Pierre Peron

Karrigel an AnkouLa charette de l’Ankou,
  dessin de Pierre Péron, 1936

        Kunda Kinkisho rentra à Paris le lendemain et reprit le train pour le Japon l’été même. Il enseigna le Français dans différents établissements privés de Tokyo pendant quelques années, ouvrit sa propre école de langue et en 1921 décida de rentrer au pays. Il échappa au grand tremblement de terre qui devasta Tokyo en 1923 mais aussi au tsunami qui frappa à nouveau la côte de Sanriku en 1928. Kunda Kinkisho, qui s’était installé comme ostréiculteur à Kamaishi, n’avait oublié ni le Père Henri ni son voyage en Bretagne. La mer, il n’en avait plus peur. N’avait-il pas rencontré le messager de la mort en personne, l’Ankou ? Mais il s’en méfiait toujours. Il ne voulait plus qu’elle le surprenne et il avait décidé de rester sur le rivage. Il mourut noyé dans le tsunami du 3 mars 1933 à l’âge de 45 ans et son corps fut retrouvé au même endroit où avait péri le Père Henri en 1896.

翌日、薫田金樹翔はパリに戻り、その夏のうちに日本へ帰国する列車に乗った。数年間東京のいろいろな学校でフランス語を教え、自分の学校を開いて、1921年、故郷に帰ることを決めた。1923年に東京を壊滅させた大地震と、1928年に再び三陸を襲った大津波も免れた。牡蠣養殖業者として釜石に開業した薫田金樹翔だが、アンリ神父もブルターニュへの旅も忘れてはいなかった。海は怖くなかった。彼は死の使者アンクーその人に出会ったのではなかったのか? しかし常に海を警戒していた。海に不意を突かれたくないので、岸にいることに決めた。1933年3月、彼は45歳で津波に溺れて死んだ。彼の遺体は1896年にアンリ神父が命を落とした同じ場所で見つかった。

Texte de Gwendal DIABAT 
Traduction en japonais de Kikuko SHIMIZU 
本文 グウェンダル ディアバ 
翻訳 清水 紀久子

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