Les yeux de l’hortensia – あじさいの瞳 (2)


Les yeux de l’hortensia – あじさいの瞳 (2)

A Morlaix, sur la grande place, autour d’un monument public, il y avait des plates-bandes et des massifs plantés presque exclusivement en Hortensias. Eh bien ! on voyait là ce qu’on dit exister au Japon : des Hortensias roses, des bleus, et tous les intermédiaires.
« Les Hortensias bleus »
Élie-Abel Carrière, La Revue Horticole, 1882

モルレーには、大広場にある記念碑の周りに花壇があり、ほとんどあじさいだけの植え込みがある。おやおや!日本に咲いていると言われていた花を、ここで見かけるとは。ピンクや青や、さまざまな中間色のあじさいだ。
「青いあじさい」
エリ-アベル・キャリエール、オルティコル誌、1882年

Place Thiers 2Quel est le « monument public » dont parle Élie-Abel Carrière ?

A suivre 2          Des variétés nord-américaines nivea, radiata ou quercifolia aux mésaventures de l’imbuvable Charles Maries en Chine, en passant par l’Écossais Buchanan, le Danois Wallich, le malheureux Siebold ou le Russe Maximowicz, d’une vingtaine d’espèces d’Hydrangeas répertoriées dans les années 1830 à plus d’une quarantaine dans les années 1880, les nouvelles introductions sont régulières jusqu’à la fin du 19e siècle, date à partir de laquelle arrivent sur le devant de la scène horticole des obtenteurs comme Lemoine, Mouillère ou Cayeux. Ce sont alors plusieurs centaines de varietés nouvelles d’Hydrangeas qui sont créées en l’espace de 50 ans. Pour aussi intéressant qu’était cette histoire, il n’était pas plus avancé sur celle du premier hortensia planté en Bretagne. Il écrivit aux jardins de Rennes qui voulurent le mettre en contact avec le professeur Louis-Michel Nourry, mais c’était déjà chose faite. Ceux de Nantes mirent en copie de leur réponse plusieurs spécialistes mais aucun ne réagit. La Société Nationale d’Horticulture de France l’invita à poser sa question sur son site Hortiquid où son message se perdit et d’autres voulurent lui faire croire que toutes ses recherches étaient à refaire. Il y avait aussi ceux qui lui parlèrent de légendes et de véritable imbroglio. Il commençait à ne plus y croire. Plante emblématique de la Bretagne qui faisait la fierté des Bretons, symbole de notre région, roi des arbustes et fleurs de nos étés, comment se faisait-il que l’on en sache si peu sur l’introduction des hortensias en Bretagne ? Il retourna voir Pascal Vieu au château de Trévarez et lui fit part du mur contre lequel il buttait. Il n’arrivait pas à remonter plus loin que le tout début du 20e siècle. Il avait pourtant bien cru à la piste du jardin botanique de l’hôpital de la marine de Brest qui fut détruit par les bombardements américains de 1944, mais personne ou presque ne lui avait répondu. C’est alors que Pascal Vieu lui parla de l’Hydrangea rubra qui survécut à l’hiver de 1862 dans ce même jardin selon le « Jardins botaniques de la Marine en France – Mémoires du chef-jardinier de Brest Antoine Laurent (1744-1820) » de Claude-Youenn Roussel publié en 2004. Il y était aussi question d’une commande d’Hydrangea arborescens au jardin des plantes de Paris en 1807, mais personne ne savait si elle avait été exécutée. Il lui apprit également que les premiers hortensias plantés à Trévarez l’avaient probablement été entre 1898 et 1905 sur la pente Nord du château. Lorsqu’il voulut savoir quel Hydrangea était cet Hydrangea rubra, Pascal Vieu lui répondit qu’il n’en savait rien, mais que c’était probablement un synonyme de l’Hydrangea rosea ou un macrophylla de couleur plus foncée.

ニヴェア、ラディアータ、ケルシフォリアといった北アメリカの品種から、スコットランドのブキャナン、デンマークのウォーリッチ、悲運のシーボルト、ロシアのマキシモビッチを経て鼻持ちならないシャルル・マリーの中国での災難にいたるまで、1830年代に一覧に加わった20種ほどのあじさいが1880年代には約40種となるなど、19世紀末までは新種の渡来は安定していた。19世紀末ごろから、ルモワーヌやムイエール、アイユーといった育種家が園芸の舞台に躍り出てきた。それからの50年間に、何百ものあじさいの新種が作られた。この話は興味深くはあるものの、ブルターニュに初めて植えられたあじさい、ということに関してはさしたる進展がなかった。彼はレンヌの庭園に手紙を書き、ルイ-ミシェル・ヌーリ教授に連絡を取るよう勧められたが、既にそれは済んでいた。ナントの庭園は、返答として何人かの専門家を挙げてきたが、誰からも反応はなかった。フランス国立園芸協会には、協会のサイト・オルティクイドに質問するよう勧められたが、メッセージを送っても返答はなかった。彼のリサーチに対して、一からやり直すべきだと説いてくる者もいた。伝説やら混迷をきわめた話を語る者たちもいた。とうとう彼は、何も信じられなくなった。ブルトン人の誇りとなっていたブルターニュの象徴的植物は、我々の地方のシンボルであり、夏を彩る灌木や花の王であるのに、一体どうしてあじさいのブルターニュ渡来についてほとんど知られていないのだろうか?彼はトレヴァレズの城に戻ってパスカル・ヴィユに会い、自分が直面している壁を彼と分かち合った。彼は、20世紀初頭より前に遡ることができずにいた。それでも、1944年のアメリカ軍の空襲で破壊された、ブレストの海軍病院の植物園が手掛かりになると信じていたのだが、ほとんど誰からも返事はなかったのである。そんな時、パスカル・ヴィユがルブラというあじさいの話を彼にしたのだった。2004年に刊行されたクロード-ユアン・ルッセルの「フランス海軍の植物園-ブレストの庭園管理長アントワーヌ・ロラン(1744-1820)の回顧録」によれば、ルブラはこの植物園で1862年の冬を乗り越えたという。また、1807年、パリ植物園にあじさいの一種であるアメリカノリノキの注文があったという話になったが、その注文が実行に移されたかどうかは誰にもわからなかった。さらに、ヴィユは彼に、トレヴァレズにあじさいが最初に植えられたのは、おそらく1898年と1905年の間であり、場所は城の北側の斜面だっただろうと教えた。ルブラという品種がどのようなあじさいだったかを尋ねられると、パスカル・ヴィユは、全く知らないがおそらくロゼアと同一品種か、より色の濃いマクロピュラであろうと答えた。

Hydrangea macrophylla synonymes

The hortensia Hydrangea macrophylla DC.
and Hydrangea Serrata DC.
Ernest Henry Wilson,  Journal of the Arnold Arboretum
Vol. 4, No 4, October 1923
Liste de synonymes de l’Hydrangea macrophylla, p 234

            Il ne lui restait plus que les religieux, qu’avaient effleurés Robert Mallet et Pascal Vieu, les photos de la Bretagne du 19e siècle et les premières stations balnéaires bretonnes. Sa grande-tante, qui était bonne-sœur à Morlaix, et les retraités qu’elle côtoyait, ne purent rien lui apprendre, et dans l’album photos en noir et blanc qu’il avait commandé, « Photographes au XIXe siècle : les nouveaux imagiers de la Bretagne« , aux éditions Coop Breizh, il ne trouva aucune photo d’hortensias. Il interrogea Isabelle Barbedor, chercheuse et directrice de l’Inventaire et du Patrimoine Culturel de la Région Picardie qui avait longtemps travaillé en Bretagne sur les stations balnéaires. Pour toute réponse, celle-ci lui fit part de ses doutes quant au rôle des Anglais dans l’introduction des hortensias à Dinard ou à Saint-Malo, et lui envoya le bulletin de la Société d’Horticulture du Département de Seine-et-Oise du 8 janvier 1852. Quelle ne fut pas sa surprise d’y découvrir que deux personnalités bretonnes de l’époque, l’une savante, l’autre politique, présidents successifs de cette même société d’horticulture en 1851 et 1852, attestaient de la présence d’hortensias en Bretagne au milieu du 19e siècle. Le premier, Armand du Chatellier du château de Kernuz à Pont-l’Abbé, qui lui même cultivait des hortensias, rappelait qu’en Bretagne « cette plante se couvre chaque année de fleurs fort belles et nombreuses« . Le second, le député Louis Bernard, dit de Rennes, affirmait avoir été « à même d’admirer pendant longtemps la belle végétation que les hortensias prennent en Bretagne« . Il repensa aux vieilles demeures et aux vieux parcs dont Louis Winter avait parlé et décida de retourner sur internet. Alors, comme une digue qui cède, il fut submergé d’un flot nouveau d’informations. Les témoignages d’hortensias en Bretagne tout au long du 19e siècle affluèrent. En 1896, la revue belge L’Art Moderne écrivait « Dinard possède, il est vrai, quelques villas de grande allure qui allongent leurs parcs jusqu’aux flots dont les écumes viennent se jeter sur des hortensias en fleurs« . Les guides de voyage Joanne, ancêtres des guides Bleus, vantaient en 1886 non seulement les hortensias en pleine terre du couvent des sœurs de Saint-Louis à Saint-Gildas-de-Rhuis, mais aussi ceux qui « prospéraient » au Pouldu. À l’exposition horticole de Brest en 1884 c’était « une corbeille d’Hortensias Thomas Hoog » que l’on pouvait admirer. En 1876, dans un article de la Revue Horticole, « Des hortensias à fleurs bleues« , l’horticulteur et botaniste de renom Élie-Abel Carrière racontait son tout récent périple en Basse-Bretagne : « A Morlaix, devant l’hôtel de ville, il y avait dans une plate-bande un très grand nombre de pieds d’hortensia, les uns à fleurs bleues, d’autres à fleurs roses, et dont beaucoup même portaient à la fois des fleurs de ces deux couleurs. Pourquoi ? À Brest, au jardin botanique de l’hôpital maritime, tous les hortensias étaient à fleurs roses, tandis que dans un terrain voisin tous étaient à fleurs bleues. […] À Saint-Pol-de-Leon, à l’hôtel des Bains, où nous étions descendus, il y avait de chaque côté de la porte, à 1m50 de distance, une énorme touffe d’hortensia, portant chacune des centaines d’inflorescences.« 

もう彼には、ロベール・マレとパスカル・ヴィユが触れた僧侶や19世紀のブルターニュの写真、そしてブルターニュの最初の海水浴場しか残されていなかった。モルレーの修道女であった大叔母と、彼女と付き合いのあった年金生活者たちは、彼に提供すべき情報を何も持たなかった。そして、彼が取り寄せたクープ・ブレイズ社の白黒写真集「19世紀の写真:新たなブルターニュ像」には、あじさいの写真は一枚も見当たらなかった。彼は、海辺の保養地関連で長年ブルターニュで働いていた研究者であり、ピカルディ地方の財産目録及び文化遺産担当局長であるイザベル・バルブドールに問い合わせた。返答として彼女は、ディナールやサン・マロへのあじさい渡来にイギリス人が果たした役割を疑問視している旨を伝え、1852年1月8日発行のセーヌ=エ=オワーズ県の園芸協会会報を送ってきた。その会報を読み、彼はどれほど驚いたことだろう。1851年と52年に前後して協会長を務めた当時のブルトン人二人-ひとりは学者、ひとりは政治家-が、19世紀半ばのブルターニュにあじさいがあったと証言していたと言うのだから。ひとり目のアルマン・ドゥ・シャトゥリエは、ポン・ラベのケルナズ城の出だが、自身もあじさいを育てており、ブルターニュでは「毎年この植物が美しい花をたくさんつける」と述懐していた。ふたり目の代議士ルイ・ベルナールは、レンヌについて「ブルターニュでは、あじさいが見事に植生しているのを長いこと楽しめるほどになっていた」と断言していた。ルイ・ウィンターが語っていた古い屋敷や古い公園について再び思いを馳せた彼は、インターネットに立ち戻ろうと決めた。そして、障害が消えていくかの如く、新しい情報の波に身を浸した。19世紀を通したブルターニュのあじさいについての証言が押し寄せてきた。1896年、ベルギーの雑誌「近代美術」が「ディナールは実際、豪華なヴィラをいくつも持っていたが、その庭園は波打ち際まで延び、波しぶきがあじさいの花にかかるほどだった」と述べている。ブルーガイドの前身である旅行ガイド・ジョアンヌは、1886年にサン・ジルダ・ド・ルイスのサン・ルイ女子修道院の敷地いっぱいに咲くあじさいだけでなく、プールドゥに「繁殖する」あじさいも称賛した。1884年、ブレストの園芸品評会では、「あじさいトーマス・フーグの花かご」を鑑賞することができた。1876年には、オルティコル誌の記事「青い花のあじさい」で、著名な園芸家で植物学者であるエリ-アベル・キャリエールが、バス=ブルターニュへの最近の長旅のことを語った。「モルレーでは、市庁舎の前の花壇に、おびただしい数のあじさいが植わっていた。青い花もあり、ピンクの花もあり、同時に両方の色の花をつけている株もあった。なぜだろう?ブレストでは、海軍病院の植物園のすべてのあじさいがピンクの花をつけていた。いっぽう、隣接地ではすべてが青い花だった。[中略]サン・ポル・ド・レオンの海水浴場のホテルまで下りていくと、門の両脇に1メートル50センチ間隔で巨大なあじさいの茂みがあり、それぞれが何百という花房をつけていた」。

Hortensias en Bretagne  Amazing hydrangeas in Brittany France
Walkabout Gourmet Adventures

            En 1873, toujours à Brest, un certain Monsieur Le Bian affirmait à propos des hortensias dans son jardin, qu’ »il voyait tous les ans, sur les mêmes pieds, un mélange de fleurs roses et de fleurs bleues« . Dans le compte rendu des séances de la Société de Biologie du mois de janvier 1868, le docteur Manuel Leven racontait avoir demandé à leur confrère Monsieur Hardy de bien vouloir « analyser des échantillons de terre recueillis à Mûr-de-Bretagne, près de Loudéac (Côtes-du-Nord), dans une propriété appartenant à M. Le Cerf, où les hortensias deviennent toujours bleus« . En 1867, dans les annales et résumé des travaux de la Société Nantaise d’Horticulture, « M. August Boisselot fait remarquer qu’à Nantes, l’hortensia bleu est très commun« . Dans le Bulletin de la Société Académique de Brest, Volume 1, de 1859, on pouvait lire qu’à Posporder, au manoir à l’abandon de Kermenou, dans l’escalier conduisant à la fontaine, « entre les fissures des pierres a poussé un magnifique hortensia, qui, par ses proportions énormes, est devenue une vraie curiosité« . Selon l’agronome Gustave Heuzé, dans la Revue Horticole, volume 28, de 1856, l’hortensia se couvrait annuellement de fleurs bleues dans les environs de Rennes et de Nantes. Dans un cas d’hortensias bleus qui fit l’objet de plusieurs communications dans les revues horticoles de l’époque, à Lambesellec ou à Lanvian, de part et d’autre de Brest, chez Monsieur Rendu et Monsieur Moreau, L’Écho du Monde Savant rapportait dans son édition du mercredi 25 mars 1840 que ce dernier « depuis vingt ans qu’il a fait transplanter ses hortensias en sol argileux et compacte, ils fleurissent toujours bleus« . En 1839, le pharmacien et botaniste Charles Auguste Moisan écrivait dans son livre Flore Nantaise, que l’Hortensia opuloïdes « se cultive dans tous les jardins comme ornement« , et en 1836, dans le compte rendu des séances de la Société Royale d’Horticulture de Paris du 16 mars, le docteur Adrien Jacques de Lens faisait remarquer que « dans le voisinage de Quimper, les hortensias atteignent une hauteur de 6 à 7 pieds, et qu’ils ont les fleurs bleues« . Le préhistorien Jacques Boucher de Perthes, qui fut inspecteur des douanes à Morlaix entre 1816 et 1824, écrivait en 1831 dans ses Chants Armoricains qu’en Basse-Bretagne « les myrthes, les hortensias, y viennent partout en pleine terre« . Dans les années 1820, l’hortensia est l’un des « principaux ornements des parterres » en France et il est déjà « bien connu que les fleurs d’hortensia deviennent bleues lorsque l’on mêle de l’ardoise pillée dans la terre ou il végète« . Dans les années 1810 « les fleurs à la mode sont les marguerites et les boules d’hortensia« . En 1817 le français Jean-Louis-Auguste Loiseleur-Deslongchamps écrivait, à propos des hortensias, que « une seule espèce originaire de la Chine, apportée en Europe il y a environ 26 ans, est généralement cultivée aujourd’hui par tous les amateurs, à cause de la beauté de ses fleurs« , tandis que près de 60 ans plus tard, en 1876, l’anglais William Botting Hemsley déplorait dans les colonnes de l’hebdomadaire The Garden que seul « l’Hydrangea hortensia, ou Hydrangea commun« , soit cultivé par le plus grand nombre. Dans les années 1804-1805, l’hortensia est encore considéré comme une plante d’orangerie.

1873年、これもブレストでのことだが、ル・ビアンという男性が自分の庭のあじさいについて、「毎年同じ株に、ピンクの花とブルーの花が混ざって咲いているのを見た」と断言している。1868年1月の生物学会の会議報告の中で、マニュエル・ルヴァン博士は、「ルーデアック(コート=デュ=ノール県)に近いミュール・ド・ブルターニュのル・セール氏の所有地ではいつもあじさいが青くなるため、採取した土の標本を分析するよう」同僚のアルディ氏に依頼したことを語った。1867年ナンテーズの園芸学会の年報と研究概説書で、「オーギュスト・ボワッスロ氏が、ナントでは青いあじさいがごく一般的である、と指摘した」。ブレストの学術協会の1859年の会報第1号には、ポスポルデにある荒れ果てたケルムヌーの屋敷で、泉に続く階段の「石の裂け目から見事なあじさいが生えており、その巨大さで正真正銘の名所となった」という記述が見られる。1856年のオルティコル誌28号の中で、農学者ギュスタヴ・ウーゼは、レンヌとナントの周辺ではあじさいが毎年青い花をつけると述べている。当時の園芸誌で、ランベズレックやランヴィアン、ブレストの各地、ランドゥ氏宅やモロー氏宅など、複数の報告対象になっている青いあじさいの件では、1840年3月25日水曜日のレコー・ドュ・モンド・サヴァン紙は、モロー氏が「20年前に粘土質で密度の高い土壌にあじさいを移植して以来、ずっと青い花をつけている」と報告している。1839年、薬剤師であり植物学者であるシャルル・オーギュスト・モワザンは、著書「ナント植物誌」の中で、ヒドランジア・マクロピュラと同一種であるホルテンシア・オプロイーデスが、「装飾花として、どの庭でも育っている」と記している。また、1836年には、パリ王立園芸協会の3月16日の会合報告の中で、アドリアン・ジャック・ド・ランス博士は「キャンペール近辺では、あじさいは6~7ピエ(訳注:かつてフランスで用いられた長さの単位。1ピエは約33センチ)の高さまで伸び、青い花をつける」と報告している。1816年から1824年までモルレーで税官吏をしていた先史学者ジャック・ブーシェ・ド・ペルトは、1831年に書いた「アルモリカの歌」の中で、バス=ブルターニュでは「地面のあちらこちらにギンバイカとあじさいが生えている」と述べている。1820年代には、あじさいはフランスの「花壇の主要な飾り」のひとつであり、既に「生育する土に砕いた粘板岩を混ぜると、あじさいの花が青くなることがよく知られていた」。1810年代には、「流行の花はマーガレットと毬のようなあじさいだった」。1817年、フランス人ジャン-ルイ-オーギュスト・ロワズルール-デロンシャンは、あじさいについて「およそ26年前にヨーロッパにもたらされた中国原産の唯一の品種は、その花の美しさゆえに、現在ではすべての愛好家が広く栽培している」と書いた。いっぽうで、それからほぼ60年後の1876年には、イギリス人ウィリアム・ボッティング・ヘムスレーが週刊誌ザ・ガーデンの記事で、「ヒドランジア・ホルテンシア、いわゆるヒドランジア・コマン」のみが大多数の栽培対象となっていると嘆いている。1804年、1805年の時点ではまだ、あじさいは温室栽培する植物だと考えられていた。

Le voyage de Glas
Les 41 temples aux hortensias visités par Glas

            Tout cela était bien beau, du plus beau des bleus même, mais qu’en était-il du premier hortensia planté en Bretagne ? Était-ce un clone de l’Hydrangea macrophylla rapporté par Sir Joseph Banks ? Savions-nous seulement de quel hortensia il s’agissait exactement ? Monsieur Rendu et Monsieur Moreau, de Lanvian ou de Lambesellec, étaient-ils les premiers à avoir planté des hortensias en Bretagne ? Rien n’était moins sûr. Qu’il en soit ainsi, s’était-il alors dit. Il irait au Japon trouver ce bleu. Ce serait son pèlerinage à lui. Il fit une liste de 41 temples aux hortensias, arriva début juin à Tokyo, parcourut plus de 5 000 km en six semaines et les visita tous un par un. Il survola tant et si bien le pays qu’il finit par faire corps avec lui, mais il ne trouva pas pour autant le bleu qu’il cherchait. Ce voyage et ces revers successifs aggravèrent considérablement son état. Arrivé au dernier temple, il en fit le tour et s’effondra. Un prêtre, qui l’avait remarqué dès son arrivée, vint à sa rencontre. Glas lui raconta qu’il cherchait les yeux de l’hortensia et que ces derniers étaient d’un bleu unique. Le prêtre alla alors chercher dans sa réserve une poignée de graines et la lui offrit. Mais Glas n’était déjà plus de ce monde. Désespéré, il décida de mettre fin à ses jours. Il irait se noyer dans le bleu de l’océan. Il se dit que du haut de la péninsule d’Izu, berceau de l’Hydrangea macrophylla, il apercevrait peut-être enfin cet hortensia qu’il cherchait depuis si longtemps. Il sauta des falaises de Jogasaki, tomba dans un tourbillon de fleurs bleues et atterrit non loin d’un bateau de plaisance, lequel le repêcha aussitôt. À bord, il délirait et répétait en boucle tous les bleus qu’il connaissait. À l’hôpital, il tomba dans un profond coma. Il fut rapatrié en France où, à l’aéroport de Roissy, sa mère l’attendait. Elle le ramena en Bretagne et dans le fond de son sac trouva les graines du prêtre. Elle les planta et en prit soin comme de son fils. Au bout de presque 6 années, un jour de pluie, Glas sortit du coma et vit par la fenêtre, dans le jardin de sa mère, des hortensias en fleurs de ce bleu qui l’avait rendu fou.

こういった話は確かに美しく、青色そのものより美しいほどだ。だが、ブルターニュに初めてあじさいが植えられたのはいつだったのか?ジョゼフ・バンクス卿がもたらしたヒドランジア・マクロピュラのクローンなのか?我々が知っていたのは、正確にはどのあじさいのことか、ということに過ぎないのか?ランベズレックやランヴィアンのランドゥ氏とモロー氏が、ブルターニュに初めてあじさいを植えた人物なのか?もうお手上げだ、なるようになれ、と彼は思った。日本へ行ってその青を探すのだ。これは自分自身の巡礼となるだろう。彼は、41のあじさい寺のリストを作り、6月初めに東京に着くと、6週間のうちに5000キロ以上を踏破して、すべての寺をひとつひとつ訪ねた。この国を縦横無尽に駆け巡ったため、とうとう国とひとつに溶け合うほどであったが、探していた青と同じ色は見つからなかった。この旅とそこでの失敗の連続は、彼の体調を著しく悪化させた。最後の寺に着くと、ひと巡りしたのち、くずおれた。到着した時からその姿に気づいていたひとりの僧侶が、彼のもとにやって来た。グラスは僧侶に、あじさいの瞳を探していること、そしてその瞳は唯一無二の青であることを語った。すると僧は、貯蔵庫に行ってひとつかみの種を持ってくると、彼に差し出した。しかしグラスは、既にこの世に生きる気力を失っていた。絶望し、自らの命を絶とうと決めた。海の青の中で溺れるのだ。ヒドランジア・マクロピュラ発生の地である伊豆半島の高地からなら、ずっと探していたあじさいが遂に見られるかもしれない、と思った。城ケ崎の断崖から飛び降りたグラスは、青い花の渦の中に落ちていき、一艘のヨットから遠くないところに着水して、そのヨットにすぐに引き上げられた。船に乗るやいなや、知る限りの青色をうわ言のように次々と口にした。病院で、彼は深い昏睡に陥った。フランスに送還されると、ロワシー空港では母が待っていた。母は彼をブルターニュへ連れていき、彼のかばんの底に僧侶からの種を見つけた。それを植えて、息子と同様に世話をした。ほぼ6年がたった頃、ある雨の日にグラスは昏睡から覚め、その青色をしたあじさいが母の庭に咲いているのを窓越しに見て、狂喜したのだった。

Temples aux hortensiasTemples aux hortensias, ajisai-dera en japonais

 

Outre toutes les personnes citées dans le texte, je souhaite remercier Joël Mordellet du jardin de Kernévez, Danielle Macé-Scaviner, présidente de L’association Jardin Passion Lannion, Nolwenn Herry du Domaine de la Roche-Jagu, Michel Le Damany de la pépinière Lepage Bord de Mer et Mikaël Le Gouareguer du blog histoiresdemorlaix.wordpress.com pour l’aide qu’ils m’ont apportée dans mes recherches sur l’introduction des hortensias en Bretagne.

 

Texte et carte de Gwendal DIABAT
Traduction en japonais de Eko OGAWA
本文/地図 グウェンダルディアバ
日本語訳 小川恵子

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3 réflexions sur “Les yeux de l’hortensia – あじさいの瞳 (2)

  1. Attention : ‘Thomas Hogg’ et non Thomas Hoog.
    Notre ami Joël est malheureusement décédé la semaine dernière.
    L’association Shamrock serait intéressée de publier tout ou partie de cet article vraiment intéressant.
    Amitié
    Robert Mallet

  2. Bonjour Monsieur Mallet,
    je suis vraiment désolé d’apprendre la disparition de Joël Mordellet. Toutes mes condoléances à sa famille et à ses proches. Je tiens à préciser qu’avec Joël Mordellet nous avons échangé plusieurs mails et que c’est lui le premier qui m’a parlé des hortensias Otaksa dans la propriété Ker Avel à Ploumanac’h. De même, c’est Joël Mordellet qui m’a fait découvrir votre message Facebook.
    Si j’ai écrit « Thomas Hoog » et non pas « Thomas Hogg », c’est parce que Hoog était écrit ainsi dans la citation que je rapporte.
    Pour une éventuelle publication dans le journal de l’association Shamrock, grand merci ! Je reviens vers vous sur votre adresse mail.
    Amicalement,
    Gwendal Diabat

  3. Bonjour,

    Dans une réponse rédigée datée du 29 décembre 2017, Yves-marie Allain, ancien directeur du Jardin des plantes de Paris, précise que l’hortensia de Commerson a été prélevé en avril et mai 1771, et non pas en 1773, comme l’indique clairement l’étiquette écrite par lui-même sur la planche d’herbier. Il ajoute que selon lui, toutes ces recherches relèvent plus de la sociologie et de l’ethnobiologie que de la botanique ou de l’horticulture. En faisant référence au livre « Jardins botaniques de la Marine en France – Mémoires du chef-jardinier de Brest Antoine Laurent (1744-1820) » de Claude-Youenn Roussel, aux éditions Coop Breizh, 2004, il écrit :

    « Pour revenir à la Bretagne, le premier enregistrement de l’existence de l’hortensia, du moins en collection, (et d’après les documents en ma possession) est celui du Jardin botanique de la marine à Brest.
    Antoine Laurent, responsable du Jardin botanique de la Marine à Brest, dans son catalogue de 1809 des plantes dudit jardin botanique de Brest, indique qu’il possède comme plantes vivantes dans ses collections (p. 233) Hortense et Hydrangée, donc l’hortensia et un Hydrangea sp., sans doute celui demandé au Muséum de Paris en 1807, Hydrangea arborescens (p. 227) – originaire d’Amérique du Nord.
    Depuis quand l’hortensia était-il en collection, était-il en plein air, qui l’avait introduit ? Il faut noter que le terme d’hortensia, comme celui d’hydrangea ne figure pas dans les listes antérieures, ni du reste dans les listes des genres qui manquent dans les collections (cf. p. 140 à 143, ou p. 150). »

    En le remerciant pour cette contribution,

    Gwendal Diabat

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