Yumi – ゆみ


Yumi – ゆみ

« Désormais, Yumi plongera toute sa vie, l’esprit en joie, bousculée par les courants, mêlée au voluptueux ballant des lourdes  lianes  reliées  aux  rochers  des  fonds,  balancée  au  rythme  des  anémones  et  des poissons  noirs,  gris,  bleus,  rayés  de  jaune,  qui,  bouche  bée,  la  regardaient  approcher,  sans s’effaroucher, de leurs grands yeux ahuris.« 
Les sirènes du Pacifique, Cé
dric Morgan, 2021

「これからゆみは、生涯潜り続けるだろう。歓びに満ちて、波に揺られ、水底の岩に絡みついた重い蔓の官能的な揺れに同化して、イソギンチャクや黒、グレー、青に黄色の縞の入った魚たちのリズムに調和して。彼らは口をぽかんと開け、自分たちの呆然と見開いた瞳に彼女が怖じ気もせず近づいてくるのを眺めていた」
セドリック・モルガン著 「太平洋のセイレーン」2021年刊行

Fumio Kitaoka 1971In the pond, gravure de Kitaoka Fumio, 1971

            Toutes les mers se ressemblent. Et pourtant. De retour de sa journée de plongée, Yumi s’interroge. Que serait une île sans la mer ? Posée telle quelle sur la terre ferme, elle serait à peine une montagne, tout juste un mont parmi d’autres, anonyme. À l’inverse, à la surface de l’océan, solitaire, sans aucune autre terre aux alentours, elle est tout ce qu’il y a, elle est magnifique. La beauté, mais certainement aussi la mort. Mais Yumi ne s’attarde pas sur cette réflexion qui d’ailleurs la fait rire. Elle n’a pas encore 20 ans, 17 ou 18, tout au plus. Elle reprend son charriot et commence à gravir la pente qui la ramène chez elle. À mi-chemin, elle s’arrêtera à nouveau, pour reprendre son soufle, regarder la mer, et, émerveillée, comme à chaque fois, par son appartenance au monde ici et maintenant. Yumi est Japonaise. Elle est née sur l’île de Toshijima, au large du sanctuaire d’Ise, en 1923, l’année du grand tremblement de terre de Tokyo. Sa mère était une ama, une femme de la mer. Une ramasseuse d’algues et une délogeuse de coquillages. Elle embrassera ce métier elle aussi. Le deuxième kanji de son prénom était déjà tout trouvé, « l’océan ». Il ne restait plus qu’à trouver le premier.

海はみんな似ている。それでも、海に潜る一日を終えた帰り道、ゆみは自問する。海のない島ってどんなだろう?そのまま固い大地に置かれたら、島はほとんど山と同じだ。山々の中のひとつの山に過ぎない、名もなき山。反対に、海の表面に、周りに陸がひとつもない中に島がぽつんとひとつだけあれば、それは唯ひとつの存在、素晴らしい存在だ。美でありながら、確実に死でもある。しかしゆみはそのような思索にはとどまらず、そればかりか自分の考えに笑い出す。まだ20歳にもなっておらず、17か、せいぜい18歳だ。ふたたび荷車を引き、家へと続く坂道を一歩一歩登り出す。道の途中で再び立ち止まり、息をつく。海を眺め、毎回そうであるように、今この世界に属していることに感嘆する。ゆみは日本人だ。東京に大震災のあった1923年、伊勢神宮の沖合いにある登志島に生まれた。名前の漢字の2文字目は、既に「海」に決まっていた。あとは1文字目を考えるだけであった。

Cédric Morgan est né et a grandi à Vannes, dans le golfe du Morbihan, tout comme ses parents et trois de ses grands-parents. Le quatrième était Normand. La mer et la Bretagne ont toujours accompagné son travail d’écriture. Comme il le dira lui-même, non pas qu’il écrive par volonté exclusive sur ces thèmes, mais parce qu’ils sont tout simplement ceux qu’il connaît le mieux. Poète avant d’être romancier, s’il considère ces deux genres littéraires comme la nuit et le jour, il n’en affirme pas moins que la pratique de la poésie est la meilleure école pour un romancier. Et Les sirènes du Pacifique*, qui sortira en librairie début 2021, en est une belle démonstration. Étalé sur une période de 50 ans, allant des années 30 aux années 80, composé de chapitres courts et centré sur le personnage de Yumi, le récit avance par touches. Cédric Morgan aurait tout aussi bien pu appeler son nouveau roman, le dixième, Les princesses du Pacifique tant l’histoire des ama est intimement liée aux légendes fondatrices du Japon. Des amas coquilliers de l’ère Jōmon aux textes des réformes de l’ère Taika au 7e siècle, en passant par les sources chinoises du 3e siècle, si les ama ou amabe, clans de pêcheurs et de plongeurs, ont toujours existé, les ama, les femmes de la mer, semblent apparaître pour la première fois au 8e siècle dans le Man’yōshū, le plus ancien recueil de poèmes japonais conservé.

セドリック・モルガンは、両親と同じく、また祖父母のうち3人とも同様に、モルビアン湾沿いのヴァンヌで生まれ育った。残るひとりはノルマンディ出身だった。海とブルターニュは、常に彼の執筆活動と共にあった。小説の題材に特別の思い入れがあるから書くわけではなく、ただ単に一番知っていることだから書くのだ、と自ら述べている。小説家になる前は詩人だったモルガンは、この2つの文学ジャンルを夜と昼のような関係と捉えるが、それでも詩を作ることは小説家にとって最高の学び舎であると断言する。2021年初頭に刊行される「太平洋のセイレーン」*が、その良い例である。1930年代から80年代までの50年にわたる物語は、短い章から成っており、ゆみの人物像を中心に据えて少しずつ展開していく。海女たちの歴史が日本創世の伝説と密接に関係しているため、セドリック・モルガンは、10作目となる彼の新作小説を「太平洋の姫君たち」と名づけても良かったのだ。縄文時代の貝を獲る海女たちから3世紀の中国の出典を経て7世紀の大化の改新の文献に至るまで、海人(あま)あるいは海部(あまべ)といった漁師や潜水夫たちの一団は常に存在していた一方、海女(あま)たち海で働く女性が最初に現れたのは、8世紀、現存する日本最古の詩集である万葉集においてであった。

À la même époque, du temps du roi Tenmu et de la princesse Ōku, première prêtresse impériale historique du sanctuaire d’Ise, le royaume de Yamato, situé dans le bassin de Nara et berceau de la civilisation japonaise, se transforme. Il va littéralement réinventer son mythe des origines en incorporant les royaumes alentours et en leur donnant à chacun un rôle. De royaume, il deviendra empire. À l’est, derrière les montagnes, par-delà la province d’Ise, là où le soleil se lève sur la mer avant partout ailleurs, les pêcheurs de la péninsule de Shima, dont fait partie l’île de Toshijima, vénéraient deux divinités, l’une du soleil, Saruta-hiko, l’autre des fonds marins et de l’au-delà, Ame no Uzume. Leur union était symbolisée par l’unasaka. L’union de la terre et de la mer, de la vie et de la mort. Les anciens du Japon croyaient que là où le soleil comme les navires disparaissent à l’horizon était la pente ou la frontière de l’océan, la porte de l’au-delà. L’unasaka. Et tous les jours, de l’unasaka, ils voyaient revenir le soleil. Le royaume de Yamato, voisin et enclavé, peuple des montagnes qui vénérait un dieu du mont Miwa, s’empara de ce double culte et lui assigna une princesse non mariée à chaque génération pour le servir. Filles du roi devenues filles de l’empereur, c’est ainsi que naquit, par fusion, Amaterasu, la déesse du soleil, divinité ancestrale du Japon et de la famille impériale. Naquit en même temps la légende des ama, ces femmes de la mer descendantes d’esclaves et familières des fonds marins.

同じ時代、天武天皇と伊勢神宮の最初の歴史的斎宮である大来皇女(おおくのひめみこ)の世に、日本の文明の発祥地である奈良盆地に位置するヤマト王権は変貌を遂げた。周辺の王国を組み入れそれぞれに役割を与えることで、文字通り起源神話に新たな意味を加えた。王国から帝国となったのだ。東方、つまり山々の後ろ、伊勢地方の向こう側の、どこよりも早く海の上に太陽が昇る地で、登志島も一部を成す志摩半島の漁師たちはふたりの神を信奉していた。一人は太陽の神である猿田彦(さるたひこ)、もう一人は海底とあの世を司る天鈿女命(あめのうずめのみこと)であった。彼らの結合は海境(=海坂うなさか)によって象徴される。地と海の結合、そして生と死の結合である。日本の古代人たちは太陽や船が消えていく水平線は、海の坂、或いは境であり、あの世への扉だと信じていた。海坂である。そして毎日その海坂から太陽が昇ってくるのを見ていた。隣りの袋地にあるヤマト王権の、三輪山の神を信奉する人々がこの二神信仰を奪取し、各世代から独身の斎宮を任命して神に仕えさせた。王の娘たちが帝の娘となり、こうして融合によって太陽の女神であるとともに日本の、そして皇室の祖先としての神でもある天照大御神(あまてらすおみかみ)が生まれた。同時に、隷属した民の子孫であり、海底に精通した海の女である海女の伝説が生まれたのだ。

Les ama ou amabe, peuples vaincus et soumis avant les réformes de l’ère Taika, mais néanmoins primordiaux, car représentants la mer et tout ce qu’elle procure, retrouvent un statut d’égaux avec la fondation du complexe religieux d’Ise. L’histoire de la princesse Yamato, fondatrice légendaire de ce sanctuaire, raconte que c’est une ama du nom d’Oben qui fit la première offrande d’ormeaux à Amaterasu. Érigés au cœur de quelques 125 temples, le sanctaire intérieur d’Ise sera dédié à la grande déesse du soleil, Amaterasu Ōmikami, et le sanctuaire extérieur à la grande déesse de la nouriture, Toyouke Ōmikami, elle-même originaire du sanctuaire de Kono dans l’ancienne province de Tango au nord de Kyoto, lequel est dépositaire de la généalogie du clan Amabe datant du 9e siècle, l’une des plus ancienne généalogie manuscrite du Japon et déclarée trésor national en 1976. Par ailleurs, le clan Owari, de l’ancienne province d’Owari, dans la région de Nagoya, allié du roi Tenmu et identifié ou apparenté au clan Amabe, commandait les ressources marines de la baie d’Ise. Sa divinité ancestrale, la princesse Miyazu, épouse du prince Yamato Takeru, lui-même neveu de la princesse Yamato, fonda le sanctaire Atsuta à Nagoya, deuxième sanctuaire shintoïste le plus important après celui d’Ise, pour y abriter l’épée de Kusanagi, l’un des trois trésors impériaux du Japon offert à Amaterasu par son frère Susanoo, divinité de la mer et de l’autre monde. Aujourd’hui encore, comme depuis toujours, à côté du riz nouveau, les offrandes d’ormeaux font partie des rites d’intronisation les plus importants du Japon.

海女、あるいは海部は、大化の改新前に征服され服従させられながらも、海とその恵みを象徴する重要な民であったので、伊勢の入り組んだ信仰の成立と共に対等な社会的地位を得た。神宮の伝説的な始祖である倭姫命(やまとひめのみこと)の物語によれば、天照大御神へ最初の供え物としてアワビを差し出したのが、おべんという名の海女であった。ざっと125の宮社の真ん中に建立された伊勢内宮(ないくう)は、太陽を司る偉大な女神である天照大御神を祀り、外宮(げくう)は五穀を司る偉大な女神である豊受大御神(とようけおおみかみ)を祀る。豊受大御神は自身が京都の北、古の丹後の国にある籠(この)神社に出自を持つが、籠神社は9世紀に遡る海部一族の系図の受託者でもあり、その系図は現存する日本最古の系図として1976年に国宝に指定された。さらには、名古屋地方にあたる古の尾張の国の尾張一族は、天武天皇と姻戚関係にあり、海部一族と同族あるいは親戚関係にあって、伊勢湾の海洋資源に携わって指揮を執っていた。その祖先とされる神、宮簀媛(みやずひめ)は、倭姫命の甥である倭建命(やまとたけるのみこと)の妻であり、伊勢神宮に次いで重要な神社である熱田(あつた)神社を名古屋に建立した。それは、天照大御神に、弟であり海とあの世を司る須佐之男命(すさのおのみこと)が捧げた日本の三種の神器のひとつ、草薙の剣(くさなぎのつるぎ)を奉斎鎮守するためであった。今日でもなお、日本の最も重要な即位の礼に際して、昔と変わることなく新米の傍らにアワビが供えられる。

Mais Cédric Morgan n’a que faire de ces histoires d’empereurs et de princesses, même s’il en sait plus qu’il ne veut bien nous révéler. Seule l’intéresse Yumi. Dès les premières pages le ton est donné. Yumi vivait son appartenance au monde, ici, sur l’île de Toshijima, comme une évidence, et la Seconde Guerre mondiale, versant asiatique, n’avait pas commencé à Pearl Harbor en 1941, mais 10 ans plus tôt, en Mandchourie. L’histoire débute en 1929. Yumi va bientôt avoir sept ans. Entière et sans concession, l’existence de Yumi était à l’image du crépuscule qu’elle aimait à regarder au moment où les étoiles apparaissent, et entre la cohérence de l’univers et son quotidien, elle allait et revenait, gardienne d’un ordre, le sien. De même, Cédric Morgan va et vient entre ces « brefs instants », ces « minimes évènenements » de la vie de Yumi et ce monde qu’elle traverse, qu’elle observe de loin, inébranlable, à la fois passagère et spectatrice, et sur lequel il porte un regard sévère, tour à tour féministe, écologiste et humaniste. Les hommes d’abord, trop contents de ne pas plonger, activité bien trop risquée et bien trop éprouvante, les hommes encore lorsque deux ama perdent la vie. La beauté du monde ensuite, le chant des oiseaux qui vous invite à vous arrêter un instant pour l’admirer, la danse des fonds marins, la préservation des espèces prise en compte depuis toujours par les ama, le scandale de Minamata. Et puis la guerre qui revient, encore, insidieusement, à intervalles réguliers, au fil des pages, comme pour vous hanter.

しかしセドリック・モルガンは、帝や皇女の歴史については、たとえ我々にひけらかさないだけで知識はあるにしても、全く関心を示さない。唯一ゆみだけが彼の興味を引いたのだ。冒頭部分からその雰囲気は伝わってくる。事実として、ゆみはここ答志島でこの世界に帰属して生きていた。そして第二次世界大戦は、アジア的側面としては1941年の真珠湾ではなく、それより10年早く満州で始まっていたのだ。物語は1929年に始まる。ゆみはもうじき7歳になろうとしていた。ゆるぎなく、そして譲ることなく、ゆみの存在は、彼女が好んで眺めていた、星が現れる瞬間の黄昏時に反映されている。そして宇宙の整合性と自分の日常の間を行ったり来たりしていた。秩序の番人だった。彼女自身の秩序の。同様にセドリック・モルガンは、ゆみの人生とこの世界の「短い一瞬一瞬」の間を、「取るに足らない数々の出来事」の間を行き来しているのだ。ゆみは通行人として、また同時に観客として、世界を渡ったり、揺らぐことなく遠くから観察している。そしてその世界にモルガンは、フェミニストとして、エコロジストとして、ヒューマニストとして、順々に厳しいまなざしを注ぐのだ。まずは男たち。潜らないことに満足しきっている。あまりに危険であまりに過酷な仕事なのだ。そしてふたりの海女が命を落とした時、またしても男たち。次には世界の美しさ、しばし立ち止まって感嘆せよと誘う、鳥たちの歌声、海の底のダンス、海女たちが常に心を配ってきた種の保存、水俣の事件。そして狡猾に、一定の間隔を置いて、ページを繰るにつれ、あなたがたに付きまとうかのようにまたやって来る戦争。

Libre, affranchie et insoumise, Yumi le restera jusqu’au bout et en paiera le prix fort. Et c’est dans l’évidence de son existence et cette constance au fond d’elle, « la continuation du présent » et « la certitude de l’aube à venir », qu’elle se réfugiera. Cette même évidence et cette même constance qui l’avaient conduite le dos au mur. La guerre terminée, les hommes démobilisés, c’est une autre histoire du conflit qui commence. Noboru, le frère de Yumi, rentré métamorphosé, mettra du temps à trouver les mots. Douze années passeront avant que Ryo, le premier amour de Yumi, ne revienne à son tour. Yumi se remariera. Les deux hommes, tout deux revenus d’Hiroshima, se comprennent, s’entendent, ils partagent les mêmes convictions, les mêmes colères. Cette guerre, d’abord racontée pour soi, puis racontée aux autres, ils la racontaient maintenant à deux. En 1973, Yumi ira retrouver sa fille à Tokyo, dans une cafétéria de l’université de Waseda, devenue jeune et belle étudiante sur le départ pour la France. Tout ce temps et toute cette distance seront encapsulés dans ce court moment, et pourtant, il n’en découlera rien. Il n’en restera qu’un souvenir figé, flottant, une capture, une coquille d’ormeau vide et stérile que Yumi chérira le reste de sa vie. Mais bien avant la fin du livre, c’est déjà le début de la fin. Ces vieilles ama qui commencent à se retirer les unes après les autres, l’océan qui n’est plus aussi généreux qu’il ne l’avait été. Cet enfant avec Ryo qui ne viendra pas.

自由奔放で跳ねっ返り娘だったゆみは、徹頭徹尾そうあり続け、その大きな代価を支払うこととなった。そして自身の存在の明白さと内奥の一貫性、つまり「現在の継続」と「夜明けが来ることの確かさ」の中に逃げ込んだ。その明白さと一貫性こそが、彼女を壁まで追い詰めたものだった。戦争が終わり、男たちが復員し、新たな争いの物語が始まった。ゆみの兄のぼるは変わり果てた姿で復員し、しばらくは言葉を発することができなかった。ゆみの最初の相手りょうが戻ってくるまでには12年の歳月を要した。ゆみは再婚した。ふたりの男は、どちらも広島から戻ってきており、互いに理解し合い、打ち解け、同じ信念、同じ怒りを持っていた。この戦争について、まずは自らに語り、そして他者に語り、今やふたりで語った。1973年、ゆみは東京で娘と再会する。早稲田大学のカフェテリアで、渡仏を前にした、若く美しい女子大生に成長した娘と。この時間とこの距離は、この短い瞬間の中に封じ込められるだろう。それでもそこからは何も生じない。そこに残るのはただ、硬直して漂う記憶、空っぽの不毛なアワビの貝殻という獲物だけ。ゆみはそれを慈しみながら残りの人生を生きていくことだろう。しかし、本の結末より充分前に、既に終わりは始まっていた。ひとりまたひとりと引退していく年老いた海女たち。もはやかつてのように豊饒ではなくなった海。りょうとの間にできたこの子が来ることはない。

À la fin de sa vie, en repensant au métier d’instituteur qui avait été celui de Ryo et au bon millier d’élèves à qui il avait transmis son savoir, Yumi se dira que tout compte fait, son métier à elle, tout lucratif qu’il fût, avait été assez égoïste, « profitant surtout à celles qui l’exerçaient ». Quand Yumi était sous l’eau, le temps s’arrêtait et les courants l’emportaient. Sur la terre ferme, entre « l’ordre bienvenu, immuable, satisfaisant » du monde et « l’impermanence heureuse des choses », elle avait gardé le cap. Dans la dernière scène des Sirènes du Pacifique, Cédric Morgan raconte un plaisir simple et quotidien, celui de la préparation d’un plat. Heureuse, Yumi s’affaire dans la cuisine pour la venue de son neveu et de la petite Yukari, qu’elle imagine déjà accourir vers elle, tambourinant sur le plancher. Cédric Morgan reconnaît avoir écrit Les sirènes du Pacifique comme il a écrit Une femme simple**, à partir de presque rien. C’est peut-être dans cette simplicité, cette vie chevillée à la terre autant qu’à la mer, confortable mais sans paillette, que Cédric Morgan retrouve ce qu’il connait et réussit là où on ne l’attendait pas. Né pendant la guerre, issu d’une famille qu’il qualifiera lui-même de très modeste et sans culture, titulaire d’un doctorat en droit et diplômé de Science Po Paris, toute sa vie durant, en parallèle de son travail d’écriture, il mènera une carrière dans la communication interne de grands groupes industriels français. Pour son premier roman hors des frontières de la Bretagne, il choisira le Japon, sejournera trois semaine sur l’ile de Toshijima et finalement, ne parlera que peu de la mer.

晩年ゆみは、ゆうに千人の生徒に知識を伝えてきたりょうがそうだったように、教師の職に就こうかと思い直した。その時ゆみは、結局のところ、自分の職業は儲かるものではあったが、「とりわけ従事する者にとって得になるような」、かなり自分本位のものだった、と思った。ゆみが水中にいる時、時間は止まり、水の流れが彼女を運び去る。固い大地の上では、世界の「歓迎すべき、不変の、満足をもたらす秩序」と「物事の幸せな非永続性」とのはざまで針路を守った。「太平洋のセイレーン」の最後の場面でセドリック・モルガンは飾り気のない日常の喜びを描写した。食事の仕度をする喜びである。ゆみは台所で、甥と小さなゆかりの来訪に備えていそいそと立ち働いている。頭の中にはもう、ゆかりが駆け寄ってくる姿や床で飛び跳ねる姿が浮かんでいる。「太平洋のセイレーン」についてセドリック・モルガンは、「単純な女」**を書いた時と同様、ほとんど何もないところから書き起こしたと述懐している。セドリック・モルガンは、おそらくこの単純さ、この大地と海とに縛り付けられた、心地良いが派手さのない人生に、自分の知っているものを見出し、それゆえ成功したのだ。そこは我々が予期しない部分だった。戦時中に生まれ、ごくつましく学もないと彼自身が称する家の出であった。法学の博士号を持ち、パリ政治学院を修了しており、これまでの人生をずっと、作家活動と並行してフランスの大きい産業グループの内部コミュニケーションの分野でキャリアを積んできた。ブルターニュの境界を越えた初めての小説で、彼は日本を選び、答志島に3週間滞在して、結局のところほとんど海については語らなかった。

Au prénom de la fille de Yumi, Misaki, il lui donnera les significations de fleur et d’arbre. A celui de Yumi, il n’en donnera pas. Des différents kanji qui pouvaient être associés à celui de l’océan pour écrire Yumi en japonais, deux ressortaient et correspondaient bien au caractère et à la vie qu’elle avait eu. Le kanji pour « soir », « soirée », ou celui pour « nouer », « lier ».
À Hiroshima, le soleil était tombé sur le sol, écrit Cédric Morgan, et le 1er janvier 1946, l’empereur du Japon avait renoncé à son statut divin. Jusqu’au 18e siècle, entre la côte de Toba et l’île de Toshijima, par-delà les « Rochers mariés », il existait un autre rocher, renversé et englouti par un tsunami. Il représentait Saruta-hiko à la frontière de l’océan. Le Kojiki, chronique semi-historique commandée par l’empereur Tenmu, raconte que Saruta-hiko, de retour dans la province de Shima, fut attrapé et noyé par un coquillage. Peut-être était-ce une ama qui l’avait guidé vers l’autre monde et l’en avait ramené.

ゆみの娘の名前、みさきには、花と木の意味を与えた。ゆみについては、何も与えなかった。日本語でゆみと記すために、海の字と組み合わせられそうな漢字の中から2つが候補に挙がり、ふたつとも彼女の性格と人生にぴったり合っていた。夕方の「夕」と結び繋ぐ「結」だった。
            広島で太陽が地に落ちた、とセドリック・モルガンは書いた。そして、1946年1月1日、日本の天皇は現人神ではなくなった。18世紀までは、鳥羽海岸と答志島の間、「夫婦岩」の向こうにもうひとつ岩があったのだが、津波で崩れて呑み込まれてしまった。その岩は、海境の猿田彦を表していた。天武天皇の命で編まれた半歴史的編年史である古事記は、志摩地方から戻った猿田彦が貝に捕らわれ溺れたと述べている。もしかしたら、それは猿田彦をあの世に案内して連れ帰ってきた海女だったのかもしれない。

* éditions Mercure de France
** éditions Grasset

*エディション・メルキュール
**エディション・グラッセ

Sincères remerciements à Cédric Morgan pour m’avoir donné la chance de lire Les sirènes du Pacifique avant sa parution et d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

太平洋のセイレーン」を刊行前に読む機会を筆者に与えてくださり、また快く質問に答えてくださったセドリック・モルガン氏に、心より感謝の意を表します。

 

Texte de Gwendal DIABAT
Traduction en japonais de Eko OGAWA
本文グウェンダルディアバ
日本語訳小川恵子

 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s