Covid-19 : le Japon ferment ses portes aux étrangers: touristes comme résidents / 新型コロナウィルス;日本は外国からの訪問者や帰国者の受け入れをクローズしています


Depuis mars dernier les Français du Japon comme les ressortissants étrangers de + de 110 pays sont soumis à des restrictions très dures mises en œuvre par les autorités japonaises à l’entrée de leur territoire, dans le contexte de la pandémie de Covid-19.Depuis mars dernier, l’Ambassade de France au Japon  comme la plupart des ambassades étrangères, des chambres de commerces et d’industries sont fortement mobilisées afin que les autorités japonaises assouplissent leur politique d’accès notamment en direction de leurs résidents étrangers. Jusqu’à ce jour sans succès.

Source Libération @Karyn Nishimura

Les règles imposées par les autorités nippones aux résidents non-japonais placent de nombreux expatriés dans des situations extrêmement problématiques voire douloureuses.

Il y a ceux qui sont sortis du Japon pour une raison personnelle ou professionnelle et ne sont pas autorisés à revenir, et ceux qui n’osent pas s’éloigner de l’archipel de crainte d’être bloqués des mois à l’extérieur.

«J’ai un visa d’homme d’affaires et suis parti du Japon fin janvier pour raison familiale, avant la mise en œuvre des restrictions visant la France», raconte un expatrié, de facto interdit de séjour au Japon bien qu’il y habite et dirige une entreprise. «Je paie des impôts, des taxes, j’ai investi énormément dans ce pays, j’ai des employés, mais la façon dont le Japon traite les résidents étrangers est honteuse», s’agace-t-il. Et ce d’autant que les pays européens de l’espace Shengen viennent de rouvrir leurs frontières extérieures avec le Japon, sans obtenir de concessions. «Plein d’étudiants étrangers ont perdu leur petit boulot, et l’université est fermée. Du coup, ils sont repartis dans leur pays sans savoir s’ils pourront revenir», assure Yuji Nagai, étudiant. «On va vivre séparément : ma femme va partir voir nos enfants en Europe, mais pas moi», témoigne un cadre d’un groupe français qui ne peut prendre le risque d’un refus de retour.

Protestations

Car «le principe est que toute personne de nationalité non japonaise qui sort du pays et séjourne dans une région visée par les mesures d’interdiction d’entrée au Japon ne pourra pas y revenir, même avec un statut de résident permanent», explique Seiji Matano, juriste de l’Agence des services de l’immigration. Cette mesure ne s’applique cependant pas aux Japonais qui arrivent de l’étranger, même des zones durement touchées par l’épidémie de Covid-19.

Et le fonctionnaire Matano de justifier cette discrimination : «Il est exact que, d’un point de vue scientifique, le risque de contracter le virus en dehors du Japon ne dépend pas de la nationalité. Mais la différence de traitement découle du fait qu’on ne peut légalement pas interdire le retour des Japonais dans leur pays.» Les étrangers, si. Traiter les «résidents» étrangers comme des Japonais ne vient pas immédiatement à l’esprit des bureaucrates. Les protestations des divers pays ont abouti à un petit assouplissement pour les résidents permanents ou assimilés qui sont partis avant l’entrée en vigueur des restrictions (le 2 avril pour la France), mais pas pour les autres statuts et pas pour les départs à une date ultérieure.

Ambassades mobilisées

«Nous expliquons clairement aux personnes le risque qu’elles prennent en quittant le territoire japonais. Si elles partent quand même, c’est en connaissance de cause. Cependant, nous faisons des exceptions en prenant au maximum en considération les situations individuelles présentant un caractère humanitaire», assure Noriyuki Shikata, directeur général adjoint du bureau des Affaires consulaires. Les ambassades se mettent en quatre pour régler les cas les plus tragiques, mais vérification faite auprès d’un diplomate, pour obtenir le tampon «retour validé» sur un motif humanitaire, «il faut un dossier en béton armé» : prouver qu’on a rendu visite à un proche à l’article de la mort ou qu’on a assisté à ses obsèques (tous les liens filiaux ne sont pas acceptés), qu’on a subi une intervention chirurgicale ou encore qu’on était convoqué au tribunal.

«Nous étudions des exceptions pour autoriser le retour de davantage de personnes, en fonction des situations sanitaires de chaque pays», nous a répondu ce vendredi la ministre de la Justice, Masako Mori, sans livrer la moindre information sur la teneur de ces dérogations et la date à laquelle elles pourraient être décidées. Les services de l’immigration arguent qu’il faut y aller doucement, d’autant que les aéroports ne sont pas assez équipés pour tester un nombre conséquent de revenants.

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