Smiile Japan


Smiile Japan

L’économie sociale et solidaire vient des communs. Au XIXe siècle, dans le courant socialiste, un certain nombre d’utopies ont été développées : l’Icarie d’Étienne Cabet, le phalanstère de Charles Fourier ; Saint-Simon voulait créer un nouveau christianisme. Henri Desroche, théoricien de l’économie sociale et sociologue des religions, a montré que les premières utopies socialistes n’étaient qu’une forme de néochristianisme. Il s’agissait, parce qu’on a tué le roi, et par là même Dieu, et que le paradis n’existe plus, de recréer un paradis sur Terre, le communisme étant une actualisation du christianisme.
Timothée Duverger, L’économie du partage pour partager l’économie
Fondation Jean Jaurès, 2017, p72

社会連帯的経済の始まりは、一つの共同体によるモノまたは他のリソースの共同使用と共同管理である。19世紀の空想的社会主義者たちはいくつかの理想社会を提言した。エチエンヌ・カベ(Etienne Cabet)はイカリ(Icarie)という名のキリスト教社会主義的な理想社会を、シャルル・フーリエは(Charles Fourier)はファランステール(phalanstère)という生活共同体を提案した。サン=シモン(Saint-Simon)は新しい形のキリスト教的社会を創造しようとした。社会経済学と宗教社会学の理論家であったアンリ・デロッシュ(Henri Desroche)は、初期の空想的社会主義者たちの思想は単なる新キリスト教に過ぎないと指摘した。国王と神がいなくなり、天国の存在も信じられなくなったので、代わりに地上に理想郷を作ろうというのである。そういった意味では、共産主義は現代版キリスト教なのだ。
ティモテ・デュヴェルジェ(Timothée Duverger)
『経済を分かち合うためのシェアリングエコノミー』
ジャン・ジョレス財団、2017年、72ページ

Le milieu, ce n’est pas l’environnement […] Ainsi le milieu n’est ni donné, ni universel ; sa réalité singulière ne cesse de se construire, au fil contingent de l’évolution et de l’histoire, dans le rapport dynamique et réciproque d’une espèce ou d’une culture avec son environnement spécifique.
Augustin Berque, Mésologie, page de présentation,
Centre de Recherche sur le Japon, EHESS

人間を取り巻く環境と自然環境は同義ではない(中略)よって人間の環境は所与のものでも普遍的なものでもない。人間の環境は個々に異なる。そして固有の自然環境の中で種や文化が相互的かつ活発に影響し合い、社会とその歴史が予期せぬ方向に変化するのに合わせて、人間環境は常に形を変えている。
オーギュスタン・ベルク(Augustin Berque)
『生物環境学』の内容紹介文
国立社会科学高等研究院(EHESS)日本研究センター

Nelson Wu, alias Instant Onion, Pixel & digital artist,
Konbini series, Lawson

Dieu créa l’homme et les Japonais créèrent le milieu. Telle pourrait être la pierre angulaire de ce texte. La fleur au fusil, non sans toutefois manquer de protéger ses arrières, Smiile s’en va combattre la solitude et l’isolement au pays du Soleil levant. Réseau social collaboratif de proximité créé en 2014 par le Dinannais David Rouxel sous le nom « Mon P’ti Voisinage« , la start-up bretonne originaire de Saint-Malo prend le nom de Smiile en 2017 pour une meilleure visibilité à l’international. En 2019, elle signe avec le groupe Mizuho pour s’installer au Japon et en octobre 2020 plusieurs projets pilotes sont lancés. L’objectif annoncé est de couvrir tout le pays d’ici 2022. Forte de quelques 450 000 adhérents sur toute la France répartis en plus de 40 000 réseaux, « première plateforme française de proximité » selon Bouygues Telecom, championne de la consommation collaborative et de l’entraide, Smiile peut-elle reproduire ce succès au Japon ? En 2019, alors que 9 Français sur 10 déclaraient avoir déjà eu recours à des pratiques de consommation collaborative, la même proportion de Japonais affirmait, pour leur part, n’avoir jamais utilisé ce mode de consommation.

本稿を要約するとすれば、「神は人間を作ったが日本人は人間環境を作った」ということになるだろう。既にフランスでの足場を固めたSmiile(スマイル)は、今度は日出ずる国の孤独と孤立に立ち向かうために、意気揚々とこの地まで遠征してきた。ブルターニュ地方・ディナール(Dinard)出身のダヴィッド・ルクセル(David Rouxel)は2014年、「Mon P’ti Voisinage 」(素敵なご近所さん)という名の地域シェアネットワークを創設した。ブルターニュの町サンマロで誕生したこのスタートアップ企業はその後、国際的な知名度アップを目指し、2017年にSmiileと改称した。そして2019年、日本に進出するためにみずほフィナンシャルグループの子会社とパートナーシップ契約を締結し、2020年10月から日本国内の複数地域において実証実験を開始した。Smiileは2022年までに日本全国でサービスを展開することを目指しているという。フランス全域に約4.5万人の利用者を抱え、4万以上のコミュニティで利用されているSmiileを、ブイーグ・テレコム社(Bouygues Telecom)は「フランスにおける地域シェアサービスのトッププラットフォームだ」と評した。フランスでシェア消費と共助のトップ企業となったSmiileは、果たして日本でも大成功を収めるだろうか?ちなみに2019年に行われたある調査では、10人中9人のフランス人がシェア消費をしたことがあると回答したが、日本では逆に10人中9人がシェア消費をしたことがないと答えている。

David Rouxel, fondateur et PDG de Smiile

Le concept est simple. Regrouper les habitants d’un même quartier, d’une même rue ou d’un même immeuble autour d’une plateforme numérique de services multiples, marchands ou non-marchands, allant du prêt, du don, de la location ou de la vente d’objets à l’organisation d’achats groupés en passant par le covoiturage, les partages ou les échanges de compétences, les espaces et les jardins en commun, les coups de pouce comme la réception de colis ou la garde d’animaux, mais aussi le dialogue citoyen, la promotion des commerces locaux, les alertes de quartier en temps réel et la démocratie participative. Défenseur du pouvoir d’achat, de l’environnement et du lien social, Smiile se définit comme un écosystème de services et une start-up à mission. Où à impact, c’est selon. Non publicitaire, non monétaire, l’accès à la plateforme est gratuit pour les utilisateurs. C’est avec les acteurs de l’habitat, les bailleurs sociaux, les entreprises de travaux publics, les mairies ou les institutions que les contrats sont signés. Seule obligation pour les utilisateurs, celle d’agir sous leur identité réelle. Comme aime à le répéter David Rouxel, « Chez Smiile, votre voisin virtuel est un voisin réel« . En se faisant, Smiile opère un retour au réel et les nouvelles technologies de l’information et de la communication redeviennent un outil plutôt qu’une fin en soi. Dans un article publié en 2009, Robots et mondes virtuels : les nouveaux alliés des Japonais, la journaliste Karyn Poupée, lauréate la même année du prix Shibusawa-Claudel pour son livre Les Japonais, souligne la forte propension de ces derniers, dans l’usage qu’ils font des nouvelles technologies, à fuir les contacts directs afin de « minimiser les risques de confrontation interpersonnelle » et à éviter d’être soi, ou une extension de soi, pour s’identifier à « un autre idéalisé« .

Smiileのコンセプトは単純だ。同じ地域や同じ通り、同じ建物に住む人々が、デジタルプラットフォーム上でグループを作りモノやサービスを提供しあう。モノの貸し借り、寄付、レンタル、売買に始まり、共同購入やカーシェアリング、スキルのシェア、スキルの交換、場所や庭の共有、配達物の代行受け取り、ペットの預かりまでと、そのサービスは幅広い。さらには住民同士の対話や地域経済の活性化、地域の安全情報の即時伝達、住民参加型民主主義の実現などにもSmiileは利用できる。人々の購買力維持や自然環境の保護、社会的つながりの構築を支援するSmiileは、自らをサービスのエコシステムであり社会的使命を負ったスタートアップ企業であると定義し、今の社会に一石を投じることを目指している。住民であれば無料でプラットフォームを利用できる。プラットフォーム上にはアフィリエイトなどのインターネット広告もない。なぜなら、不動産デベロッパーや公営住宅の貸主、公共工事を行う企業、自治体、その他の団体などがSmiileと利用契約を結び使用料を払うからだ。住民に課せられた唯一の義務は実名で利用登録することである。「Smiileというネットワーク上のあなたのお隣さんは、本当にあなたの隣に住んでいるリアルなお隣さんなのです」とダビッド・ルクセルは繰り返し述べている。こうしてSmiileは現実世界への回帰をもたらし、それ自体が目的化していた新しい情報・コミュニケーションテクノロジーは再び一つの手段となった。2009年に著書『日本人』(Les Japonais)で渋沢クローデル賞を受賞したジャーナリストのカリン・プペ(Karyn Poupée)は、同年に『ロボットと仮想世界:日本人の新しい味方たち』(Robots et mondes virtuels : les nouveaux alliés des Japonais)という記事を書き、日本人は「一対一で対峙するリスクを最小化するため」「本当の自分を見せないため」あるいは拡張した自己である「理想化した別人と一体化するため」に、対面が不要な最新コミュニケーション技術を利用しがちであると指摘した。

Nelson Wu, alias Instant Onion, Pixel & digital artist,
Konbini series, 7/Heaven

Avant la restauration de Meiji en 1868, qui voit le Japon s’ouvrir au monde extérieur après 250 ans d’isolation et qui inaugure une occidentalisation tout azimut du pays, seules la classe guerrière, les samurai, et la noblesse étaient autorisées à porter un nom de famille. De la période Kamakura au 13e siècle à celle d’Edo au 19e siècle, cet interdit pour les autres classes sociales, paysans, commerçants, artisans ou religieux, fut régulièrement réitéré par les shogunats successifs, sans toujours beaucoup d’efficacité. L’ethnologue Kunio Yanagita estime qu’à l’époque Edo, seul 50 pour cent du peuple n’avait pas de nom de famille. Par ailleurs, si tout un chacun avait un nom personnel, un prénom, il était considéré comme tabou pour les pouvoirs magiques qui lui étaient attribués et devait être gardé secret. C’est ainsi qu’entre les deux, entre le nom de famille et le prénom, l’emploi au quotidien de pseudonymes, de surnoms, de titres et de noms courants était la norme et variait tout au long d’une vie en fonction des circonstances. Avec la restauration de Meiji, tout change. Du moins dans la forme. L’une des premières réformes est celle de l’état civil. En 1870, les Japonais sont autorisés à prendre un nom de famille, et en 1875, faute d’enthousiasme, cette autorisation devient une obligation. À la même époque, autour de 1875, apparaît le mot shakai pour société et un peu plus tard, en 1884, le mot kojin pour individu. De la même manière que le milieu n’est pas l’environnement, l’humain à l’époque Edo n’est pas l’individu comme on l’entend en Occident. L’idée d’une société faite d’individus égaux et autonomes, ces individus qui, ensemble, font société, est étrangère à la société japonaise d’alors. Ningen, composé de deux sinogrammes et traduction de l’être humain en japonais, ne signifie pas seulement la personne, l’homme, mais la personne dans sa relation au monde et aux autres.

日本は1868年の明治維新によって250年間続いた鎖国政策にピリオドを打ち、広範囲な欧米化をスタートさせた。明治維新以前の日本では、公家及び武士(侍)だけが名字を持つことを許されていた。それ以外の農民や商人、職人、僧侶、神官といった身分の者については13世紀(鎌倉時代)から19世紀(江戸時代)に至るまで、代々の将軍が名字の公称を禁じたが、その効果は薄かった。民俗学者の柳田邦男は、江戸時代に名字を持っていた民の割合は50%だったと推計している。ただし、誰にも諱と呼ばれる本名はあった。しかし諱で呼ばれると呪いをかけられると信じられており、本名を他人に知られることは禁忌であった。そのため通常は姓と名の中間的な存在として、仮名や異名、役職、通称などが名前として使われていたが、それらも一生同じものではなく、本人の立場などが変われば改名された。この習慣は、明治維新によって形式的には一変した。最初の改革は戸籍制度だった。1870年、明治政府は名字を持つことを全国民に許可した。しかし国民があまり乗り気ではなかったため、1875年に名字を義務化した。1875年前後に「社会」という言葉が登場した。次いで1884年には「個人」という言葉も誕生した。人間環境が自然環境と同義ではないように、西洋で使われている人間という言葉は、江戸時代において個人と同義ではなかった。平等で自立した個人が社会の構成員であり、彼らは協力して社会を作り上げると言う考えは、江戸時代の人々にとっては馴染みのないものであった。「人」と「間」という二つの漢字から成る「人間」は、ヒューマン・ビーイングの訳語であるが、これは単に生き物としてのヒトを表すのでなく、社会全体や他者と結びついたヒトを意味する。

Carte culturelle d’Inglehart et de Welzel, 2015
World Values Survey

En 1893 le sociologue Émile Durkheim publie De la division du travail social dans lequel il introduit les concepts de solidarité mécanique et de solidarité organique, en 1923-1924 l’anthropologue Marcel Mauss découvre les trois obligations autour du don que sont donner, recevoir et rendre dans son fameux Essai sur le don et en 1935 le philosophe Tetsurō Watsuji publie Fûdo, le milieu humain, traduit en français par le géographe et spécialiste du Japon Augustin Berque en 2011. Entre 1937 et 1939, faisant œuvre d’ethnologie et sur la base d’observations étonnement contemporaines, l’archéologue André Leroi-Gourhan, premier boursier français à être invité par le gouvernement japonais, ferra, dans ses Pages oubliées sur le Japon, publiées post mortem, l’éloge de l’individualisme japonais. Un individualisme tout en nuances et tout en retenue. L’enfant y est un être supérieur et la personne, chose précieuse, nous dit-il. Maître de son ouvrage et maître chez lui, l’individu au Japon est responsable envers l’ensemble mais non pas de l’ensemble. Alors qu’en France l’individu construit l’État et s’autorise à juger cette construction, au Japon, l’individu ne construit pas et ne juge pas, se concentrant à la place sur lui-même, sur son activité et sur la distance qui le sépare des autres. « Notre individualisme s’impose la contrainte de liens sociaux que le Japon ne supporterait pas » écrit-il. Et de rajouter : « Le Japon se déclare collectiviste et considère notre « individualisme » comme la lutte consciente de chacun contre l’ordre de l’État « . Après la guerre, en 1949, Claude Lévi-Strauss, s’appuyant sur le travail de Marcel Mauss, développe le concept d’échange généralisé dans Les structures élémentaires de la parenté, en 1954 Jean Stoetzel, dans une étude commandée par l’UNESCO, Jeunesse sans chrysanthème ni sabre, souligne l’immaturité des jeunes Japonais qui « ne sont pas des adultes, ni psychologiquement, ni socialement » et en 1978, les Américains Marcus Felson et Joe L. Spaeth définissent pour la première fois la consommation collaborative comme « ces évènements pendant lesquels une ou plusieurs personnes consomment des biens ou services dans le but d’engager des activités avec d’autres personnes. » En 1981 le projet international d’enquêtes sur les valeurs et les opinions, le World Values Survey (WVS), est lancé.

1893年に出版された『社会分業論』の中で、社会学者エミール・デュルケイム(Émile Durkheim)は、機械的連帯と有機的連帯という概念を取り上げた。文化人類学者マルセル・モース(Marcel Mauss)は代表作である『贈与論』(1923-1924年)の中で、「与える、受け取る、返礼」の三つを、贈与を構成する義務として挙げた。哲学者の和辻哲郎は1935年、『風土 人間学的考察』を出版した。同書は知日家の地理学者オーギュスタン・ベルクによってフランス語に訳され2011年に訳書が出版された。考古学者アンドレ・ルロワ=グーラン(André Leroi-Gourhan)は、フランス初の日本政府奨学金留学生として1937年から1939年まで日本に滞在し、極めて現代的な民俗学研究を行った。彼の死後に出版された『日本についての未発表原稿集』(Pages oubliées sur le Japon)の中で、アンドレ・ルロワ=グーランは日本の個人主義を称賛している。それは控えめで含みのある個人主義である。日本ではめいめいの人間の人格が尊重され、子どもまでもが大事にされている、とアンドレ・ルロワ=グーランは書いた。日本の個人は自らの仕事の責任者であり家の主人であり、社会のために義務を果たすが、自らは社会そのものの責任者ではない。これに対し、フランスの個人は自らが構成要素となって国家を組み立て、完成した国家の良し悪しを遠慮なく批評する。日本の個人は国家を組み立てたり国家を批評したりせず、代わりに自分の務めを果たすことと他人と適切な距離を保つことだけに心を向ける。「フランス的個人主義においては社会的つながりが必ず求められるが、日本人に同じことを求めても受け入れてもらえないだろう」とアンドレ・ルロワ=グーランは書いた。そして「日本人は自分たちのことを集団主義者だと公言し、これに対しフランス人の『個人主義』とは個人が殊更に国の秩序に歯向かうことだと捉えている」と付け加えた。マルセル・モースの研究を発展させたクロード・レヴィ=ストロース(Claude Lévi-Strauss)は、戦後(1949年)になって『親族の基本構造』(Les structures élémentaires de la parenté)を公刊し、全体的交換という概念を示した。ユネスコからの依頼で日本を調査したジャン・ストゥゼル(Jean Stoetzel)は、その時の調査結果を基に1954年、『菊と刀なき若者』(Jeunesse sans chrysanthème ni sabre)を著し、日本の青年は未熟で「心理的にも社会的にも大人ではない」と指摘した。そして1978年、二人のアメリカ人マーカス・フェルソン(Marcus Felson)とジョー・L・スパット(Joe L. Spaeth)が世界で初めて協調的消費を定義した。協調的消費とは「他者と何らかの活動を共に始める目的で一人または複数の人間が財またはサービスを消費する事象」であると彼らは説明した。1981年になると、世界の異なる国の価値観と世論を調べる国際調査プロジェクト「世界価値観調査」(World Values Survey 略称WVS)がスタートした。

Nelson Wu, alias Instant Onion, Pixel & digital artist,
Konbini series, Fami Mart

Menées par un réseau mondial de chercheurs en sciences sociales et sciences politiques, reconduites tous les 5 ou 6 ans en moyenne et composées de plus de 200 questions, 129 000 personnes interrogées dans près de 80 pays pour l’édition 2017-2020, les enquêtes du World Values Surveys couvrent des sujets aussi variés que la religion, la famille, les rapports hommes-femmes, l’environnement, la politique, l’identité, la tolérance, le travail, le bien-être ou la confiance. C’est à partir des résultats de ces enquêtes que les politologues Ronald Inglehart, fondateur du World Values Survey, et Christian Welzel vont construire leur carte culturelle, un graphique en nuage de points mis à jour à chaque nouvelle vague de sondages et organisé selon deux dimensions dominantes : en ordonnée, des valeurs dites traditionnelles aux valeurs séculières et rationnelles, et en abscisse, des valeurs de survie aux valeurs d’expression de soi. Une version animée de cette carte montre que sur la période 1981-2015 le Japon tend vers toujours plus de laïcité alors que la France, moins séculière, tend vers toujours plus d’expression de soi. Dans une étude sur les nouvelles mobilités partagées menée en 2016 pour la fondation France-Japon de l’EHESS et l’entreprise Renault, la Japonaise Naoko Abe fait le constat d’un double paradoxe. Alors que l’autopartage et plus particulièrement le covoiturage sont beaucoup plus développés en France qu’au Japon, les enquêtes du World Values Survey montrent que les Français ont moins confiance aux autres que les Japonais. À la question « d’une manière générale, peut-on faire confiance à la plupart des gens ?« , 19% des Français interrogés répondaient par l’affirmatif dans l’enquête de 2005-2009 contre 37% des Japonais dans l’enquête de 2010-2014. Mais dans la même étude, Naoko Abe nous dit aussi que si l’on creuse la question, les Français ont plus confiance en leur prochain que les Japonais. Ainsi, toujours selon les questions du Wold Values Survey, 81% des Français font confiance à leurs voisins contre 56% des Japonais. De même, 45% des Français choisissent de faire confiance à une personne qu’ils rencontrent pour la première fois contre 9% des Japonais interrogés. S’appuyant sur le travail de Toshio Yamagishi, professeur de psychologie comportementale, Naoko Abe souligne la différence qui existe entre la confiance qui découle de la foi en la bénévolence des individus et celle qui découle d’une « structure d’incitation autour de la relation« .

社会科学・政治学の研究者ネットワークがおおよそ5,6年毎に行うこの調査では200以上の質問が用意される。最近では2017年から2020年にかけて12,9万人の人々を対象に約80か国でアンケートが実施された。この調査は宗教、家族、男女の関係性、自然環境、政治、アイデンティティー、寛容性、労働、幸せ、信頼感といった様々なテーマをカバーしている。そしてWVSの旗振り役である政治学者のロナルド・イングルハート(Ronald Inglehart)とクリスチャン・ウェルゼル(Christian Welzel)が、調査結果を基に国ごとの文化の違いを視覚化した図を作成する。イングルハート-ヴェルツェル図と呼ばれるこの二次元グラフは、新しい調査が終わる毎に更新される。イングルハート-ヴェルツェル図の縦軸は伝統的価値VS世俗的・合理的価値を表す。横軸はサバイバルVS自己表現を表す。この図の動的バージョンを見ると、1981年から2015年にかけて日本は常に世俗性へとシフトし続けたのに対し、世俗性が日本より低いフランスは同じ期間に自己表現へとシフトし続けたことが分かる。日本人研究者の安部直子は、フランス国立社会科学高等研究院日仏財団とルノー社から依頼を受け、様々な移動性シェア(モビリティシェア)に関する調査を2016年に行ったが、その際に二重パラドックスの存在に気付いた。車のシェアリング(特にライドシェア)は日本よりもフランスの方が盛んであるのに、WVSの調査では、他人を信用しない人の割合はフランスの方が日本よりも高かった。「全般的に言って、ほとんどの人は信頼に値する人間だと思いますか?」という質問に対し、イエスと答えたフランス人が19%だったのに対し(調査期間は2005年‐2009年)、日本では37%がイエスと答えた(調査期間は2010年‐2014年)。しかしWVSの調査結果をより詳しく見てみると、自分の周囲の人々に関しては、日本人よりもフランス人の方が彼らを信頼していることが分かる、と安部直子は指摘する。なぜならWVSの別の質問では、81%のフランス人が近所の人を信用していると答えたのに対し、近所の人を信頼する日本人は56%に留まったからだ。また、45%のフランス人は初対面の人を信用するが、日本人の場合はこの割合は9%である。安部直子は山岸俊雄教授(社会心理学者)が行った研究を論拠としながら、この差を説明した。それは、人間には無償の好意があると信じるが故に生じる他者への信頼VS「相手と付き合いがあるかどうかを強く意識する構造」を拠り所とした信頼の差だという。

« Smiile est un nouveau type de réseau social mettant en avant les relations avec votre communauté. Il crée de l’entraide et génère émotions et merveilleuses actions positives sans afficher de publicité« 
https://ja.smiile.com

Les valeurs d’Inglehart et de Welzel ne sont pas sans rappeler les concepts de solidarité mécanique et de solidarité organique d’Émile Durkheim, caractéristique des sociétés traditionnelles d’une part, toutes accaparées par des préoccupations économiques peu différenciées et soudées autour de croyances communes, propre aux sociétés post-industrielles d’autre part, individualisées, diversifiées, affluentes et rationnelles. Elles en sont même étonnement proches. Ainsi les concepts de Durkheim pourraient être placés sur un axe, tout relatif, et cet axe servir de diagonale à la carte culturelle d’Inglehart de Welzel. Ce faisant, c’est le passage d’un individualisme mécanique à un individualisme solitaire, dans la moitié supérieure, et celui d’un individualisme mécanique à un individualisme organique, dans la moitié inférieure, qui seraient éclairés, le tout le long d’un continuum citoyen, la diagonale de Durkheim, à la pointe duquel serait située l’Europe protestante suivie de près par l’Europe catholique. Loin de ce continuum, dans la moitié supérieure, le Japon. Dans une critique de la nouvelle société de l’information et de la communication publiée en 2002, le sociologue français André Akoun décrit le passage d’un société centralisée où « le je individuel/subjectif s’inscrivait dans une suite de cercles concentriques et le cercle le plus élevé, au-dessus même de la nation, était celui de l’humanité dans lequel trouvaient à s’incarner la valeur la plus haute et la pleine réalisation de soi« , à une société en réseau, réticulaire, dans laquelle « l’individu se découvre, multiple, sans ordre ni raison« . Et de conclure, « c’est la logique de la modernité qui aura mené d’un univers de l’individualisme citoyen à un univers de l’individualisme narcissique. » À l’inverse, pour le sociologue japonais Daisuke Tanaka, dans une analyse du phénomène des konbini, les supérettes japonaises, publiée en 2015, ces derniers, constitués en réseaux sous-tendus par les nouvelles technologies de l’information et fonctionnant comme de véritables « infrastructure du quotidien », « ont procuré à beaucoup de gens la jouissance d’être « des individus » » en raison de l’anonymat qu’ils favorisent. Et de rajouter : « Ceux qui vont au konbini savent ainsi comme il est plaisant de se mêler à un groupe d’inconnus qu’on aura oubliés l’instant d’après.« 

イングルハートとヴェルツェルが設定した価値観は、エミール・デュルケイムの唱えた機械的連帯と有機的連帯を思い起こさせる。共通の信仰によって結びつき、全員が暮らしを立てるために同じような苦労をしている伝統的社会の特徴が機械的連帯である。個別化し、多様化し、枝分かれし合理的になったポスト工業社会に特有なのが有機的連帯である。イングルハートとヴェルツェルが設定した価値観とエミール・デュルケイムの概念は驚くほど似通っている。デュルケイムの概念を相対的な軸にし、この軸をイングルハート-ヴェルツェル図の対角線上に置いてみた場合、この軸より上の部分は機械的個人主義から孤立的個人主義へのシフトを、軸より下の部分は国民の機械的個人主義から有機的個人主義への連続的シフトを示す。デュルケイムの対角軸の一番端にくるのは、欧州のプロテスタント国家。その次にくるのが欧州のカトリック国家ということになるだろう。両者と同じように対角軸より上部に位置しているにも拘らず、両者からは大きく離れたところにあるのが日本である。2002年に発表した新しい情報コミュニケーション社会に関する批評の中で、社会学者のアンドレ・アクン(André Akoun)は中央集権化した社会の変化について述べた。「一続きの同心円の中に私/個人/主観の円が存在し、人類であるその円は国家よりも高く位置づけられ、最も重要な価値と十分な自己実現を表す」という中央集権化社会から、「社会の中には多様な個人が存在し、個人は社会的地位や制約とは無関係なのだと自覚した」網状ネットワーク社会へのシフトが起きているとアンドレ・アクンは主張した。そして「近代性は社会を市民的個人主義から自己中心的個人主義へとシフトさせるのだから、これは当然の帰結である」と結論付けた。一方で田中大介(社会学者)は、2015年に発表したコンビニ(最新情報技術でネットワーク化された日本のコンビニは、もはや生活インフラとして機能している)に関する論文の中で「(コンビニは匿名で利用しやすいため)多くの人が『単なる一個人』として利用可能である」と述べ、「コンビニでほんのひと時だけ知らない人たちと関わり、店を出たらすぐに彼らのことを忘れてしまう。そのことがどれだけ気安いかを人々は知っている」と付け加えた。

Nelson Wu, alias Instant Onion, Pixel & digital artist,
Konbini series, Lawson-Smiile (Image modifiée par l’auteur)

Dans une version actualisée de son analyse, traduite en français et publiée en 2019, Daisuke Tanaka évoque en introduction le livre de Sayaka Murata, Konbini Ningen, couronné du prix Akutagawa en 2016. Il précise au sujet de l’héroïne de ce roman, Keiko, employée depuis toujours dans un konbini et en décalage avec le monde, comme de tous ces individus qui fréquentent ces lieux, consommateurs et travailleurs, que « le terme individu désigne ici, non pas une identité indépendante qui se construit réflexivement dans sa relation avec autrui, mais plutôt un soi qui se libère en cessant de se questionner sur sa relation aux autres et sur lui-même. » Il ne s’agit donc pas tant de se réaliser en tant qu’individu que de s’extraire du milieu social et des obligations qui lui sont associées. Autant que les services rendus, c’est l’absence d’interaction avec les autres clients, réduites au strict minimum avec les vendeurs, qui rend les konbini si attractifs. Mais pour être clair, ni le roman de Sayaka Murata, ni l’article de Daisuke Tanaka, ne parlent de solitude. Ainsi, en 2017-2018, lorsque le Japon voit ses ventes de livres sur la vie en solitaire exploser, en tête desquels L’appelle à la solitude de l’écrivain et érudit bouddhiste Hiroyuki Itsuki, le débat est tout de suite porté sur les avantages et les inconvénients d’une existence sans attache sociale plutôt que sur les racines d’un mal et les moyens pour y remédier. Comme le dira Junko Okamoto, auteur du best-seller Les Japonais d’âge mûr sont les hommes les plus isolés au monde et qui déplore l’insuffisance des relations interpersonnelles dans la société japonaise, « en terme de ventes de livres nous sommes à 10 contre 1 derrière ceux qui défendent l’état de solitude« . Véritable phénomène de société encouragé par une situation démographique alarmante et un lobby marchand omniprésent, l’expression ohitorisama, ou l’art de vivre seul, née à la fin des années 1990, popularisée dans les années 2000 et étendue à tous dans les années 2010, hommes compris, désignait à l’origine des femmes actives et indépendantes qui souhaitaient sortir du carcan traditionnel et faire des activités en solo.

田中大介の論文は加筆修正され、2019年にフランス語版が出版された。フランス語版の序文では、村田沙耶香の小説『コンビニ人間』を取り上げている。『コンビニ人間』は2016年の芥川賞受賞作である。長年コンビニで働いている主人公の恵子は、社会とのズレを感じており、それはコンビニに来る全ての人間(スタッフとお客)に共通のズレである。「コンビニにおける個人とは、他者との関わりの中で内省的に構築される独立したアイデンティティーではなく、他者との関係性や自分自身についての自問を中断したことで解放された自己のことである。」と田中大介は言う。それは大いなる自己実現というよりも、自分と関係がある社会階層や自分の義務から自分を分離させることを表す。コンビニは確かに便利だが、他の客との交流が全くない点や従業員との交流も必要最低限で済む点もコンビニの魅力なのだ。しかし村田沙耶香の小説も田中大介の論文も、孤独についての言及がない。2017年~2018年は孤独な生き方をテーマにした本が良く売れ、仏教に詳しい五木寛之(作家)が書いた『孤独のすすめ』はベストセラーとなった。しかし孤独な生き方の利点と欠点だけが論点化され、孤独な生き方の背景にある生きづらさやその解決策が論じられることはなかった。別のベストセラー『世界一孤独な日本のオジサン』を著した岡本純子は、日本社会における個人同士の関わりの不足を嘆き「本書のように孤独を憂慮する本よりも、孤独を擁護する本の方が日本では10倍も売れ行きがいい」と書いた。ちなみに、日本の少子化が憂慮されながらも進行し、そこに新たなビジネスチャンスを見出したあらゆる業界(企業)の強い働き掛けがあって社会現象化したのが「おひとりさま」である。一人での暮らしを楽しむ生き方という意味を持つ「おひとりさま」は1990年末に登場し、2000年代には社会へ浸透し始め、2010年代には社会全体(中年男性も含む)に「おひとりさま」現象が広がった。しかし元々「おひとりさま」とは、経済的に自立し、伝統に縛られずに、一人で好きなことを楽しむ女性を表す言葉であった。

Eleanor Doughty, Shibuya Crossing, 2018

Propulsée à une autre échelle avec l’avènement d’Internet dans les années 1990, la consommation collaborative souffre de ne pas avoir de définition qui fasse consensus. Des différentes propositions faites nous retiendrons une économie de l’accès, l’usage avant la propriété, les échanges entre particuliers et la mise à l’écart des pratiques qui reposent sur les ressources d’entreprises à but lucratif. Russel Belk, gourou américain des études en consumer research, distingue, pour sa part, dans un article de 2010, Sharing, trois types d’échanges de biens et de services : le marché, le don et le partage. Alors que le marché se caractérise par une réciprocité immédiate et le don par une réciprocité différée, le partage n’exige, quant à lui, aucune réciprocité et s’apparente au concept de réciprocité généralisée de l’anthropologue américain Marshall Salhins. En 2014 Russel Belk définit la consommation collaborative comme « des personnes qui coordonnent l’acquisition et la distribution d’une ressource moyennant une contrepartie financière ou d’un autre ordre« , faisant ainsi de la consommation collaborative un quatrième type d’échange de biens et de services. À ces 4 types de réciprocité, immédiate, différée, absente ou généralisée et, dirons-nous, compensatoire, manque la réciprocité indirecte de Marcel Mauss présentée en 1931 et développée en système d’échange généralisé par Claude Lévi-Strauss en 1949. Dans ce cas de réciprocité, A donnera à B sans attendre un retour direct de B. À la place, B donnera à C, qui donnera à D, qui donnera à E et ainsi de suite jusqu’à ce que N finisse par rendre à A. Dans une étude sur les échanges de cadeaux au Japon, très codifiés, le sociologue Jean Lagane nous explique que le sentiment de redevabilité y est très fort et que les cadeaux rendus en retour, les contre-dons, peuvent être de valeur inférieure, supérieure ou égale au don initial en fonction de la relation. Dans le cas des voisins, le retour devra être égal et « il est conseillé de ne pas accumuler de dettes à ce niveau. Cela revient à dire que l’échange de cadeau doit être réciproque et homogène et qu’un cadeau offert est bien souvent synonyme d’un cadeau rendu« .

1990年代にインターネットが登場し、それと共に共同消費の定義が社会全体で定まっていないことが悩みの種となってきた。そこで様々な定義が試みられた。「誰もが(商品や情報などを)利用できる経済システム」、「所有より使用を重視したシステム」、「個人間の応酬」、「営利企業の財を基にした経済活動の拒否」といった定義が注目を集めた。消費者調査の権威であるアメリカ人研究者・ラッセル・ベルク(Russel Belk)は、2010年に書いた『Sharing』というタイトルの論文の中で、人々が財とサービスを互いにやり取りする行為を取引・贈与・シェアの三つに分類した。各々の特徴は取引が即時的互酬であり、贈与は後刻的互酬であるが、シェアには互酬の必要性がなく、アメリカ人人類学者・マーシャル・サリンス(Marshall Salhins)が唱えた「全体化した互酬」という概念に近いものである。2014年、ラッセル・ベルクは共同消費を「人々が連携してリソースの獲得と分配を行い、その際の対価は金銭またはその他の何かである」と定義し、これによって共同消費は「財とサービスの交換の第四の形」となった。しかし即時的互酬、後刻的互酬、互酬の欠如、全般化した互酬(代償的と行ってもよいだろう)というタイプ分けには欠けているものがある。それは1931年にマルセル・モースが間接的互酬として提示し、1949年にクロード・レヴィ=ストロースが全体的交換システムとして発展させた概念である。この場合の互酬において、Aは直接的返礼を期待せずにBに与える。BはAに返礼する代わりにCに与え、CはDに与え、DはEに与え、それが繰り返され、最終的にはNがAに返礼するに至る。高度に体系化された日本の贈答文化について研究したフランス人社会学者ジャン・ラガーヌ(Jean Lagane)は、日本の贈答文化においては返礼の義務感情がとても強く、より高価な返礼品または同等の返礼品を相手との関係性に合わせて対抗贈与する、と説明している。そして、相手が隣近所の場合、返礼は同等であるべきであり、「もらってばかりいるのは良くないとされている。それは結局、贈り物の交換は相互的・均質的であるべきだということを意味し、多くの場合、贈与品は返礼品と同義である。」と述べている。

Au final, c’est à se demander qui, de l’individu en France ou de l’individu au Japon, est le moins dissociable de son milieu. Mieux extrait pour mieux y revenir d’un côté, mieux intégré pour mieux en sortir de l’autre. Ou bien s’agit-il de savoir si c’est l’individu qui fait société ou la société qui fait l’individu ? Si Smiile réussit au Japon, c’est parce qu’elle sera passée par des intermédiaires, une structure. Par ailleurs, opérant dans le cadre de communautés locales et fermées, dans la mesure où seuls les voisins peuvent accéder aux services proposés, pour ne pas buter contre un sentiment d’obligation de la part de leurs utilisateurs les platefomes d’entraide de Smiile devront fonctionner sur la base d’un système de réciprocité indirecte et d’échange généralisé. À l’inverse, si la start-up bretonne ne rencontre pas le succès escompté, c’est qu’elle est encore trop proche. Paradoxalement, peut-être devra-t-elle alors se tourner vers les konbini, la publicité en prime, pour mieux se fondre dans l’ensemble.

周囲の人間環境から分離されにくいのは、果たしてフランスの個人と日本の個人のどちらの方なのだろうか。人間環境からより分離されたフランスの個人がより上手く人間環境に再帰する一方で、より人間環境に統合された日本の個人はより上手く人間環境から脱出する。それともこれは、「個人が社会を形成する」国と「社会が個人を形成する」国の違いなのだろうか?もしSmiileが日本で成功するとしたら、それは何らかの組織や団体が仲介者として関わるからだろう。一つの地域内に暮らす住民同士だけが利用できる相互扶助プラットフォームであるSmiileは、利用者たちの返礼義務感情を上手く回避し、間接的互酬と全体的交換のシステムとして機能すれば成功するだろう。逆にブルターニュ発のスタートアップ企業が考案したシステムが期待したほど日本で受け入れられないとしたら、それは地域住民がSmiileとの間にほどよい距離感をまだ見いだせていないということだ。ならば逆説的に、全体に紛れ込むことを目指してどんどん宣伝し、コンビニ的あり方を目指すべきなのかもしれない。

Texte de Gwendal DIABAT
Traduction en japonais de Masami OTSU
本文グウェンダルディアバ
日本語訳大津雅美

Références des articles cités :

– Abe Naoko, How can we understand the differences between France and Japan in the growth of shared mobility services? : The paradox of trust and its social construction, Renault Research Fellow 2016, CEAFJP, 2017.

– Akoun André, Nouvelles techniques de communication et nouveaux liens sociaux, Cahiers internationaux de sociologie, n° 112, 2002

– Belk Russell, Sharing, Journal of Consumer Research, Vol. 36, 2010

– Belk Russell, You are what you can access: Sharing and collaborative consumption online, Journal of Business Research, Vol. 67, 2014

– Lagane Jean, Le langage des cadeaux au Japon : une médiation symbolique, Communication & Langages, n° 146, 2005

– Mauss Marcel, La cohésion sociale dans les sociétés polysegmentaires, Bulletin de l’Institut Français de Sociologie, 1, 1932, communication présentée à l’Institut français de sociologie en 1931

– Poupée Karyn, Robots et mondes virtuels : les nouveaux alliés des japonais, Hermès, La Revue, n° 55, 2009

– Tanaka Daisuke, Individualisation sociale et konbini dans le Japon contemporain. La « consommation en réseau » à l’ère informationnelle, Ebisu, n° 56, 2019

– Yamagishi Toshio & Yamagishi Midori, Trust and commitment in the United States and Japan, Motivation and Emotion, Vol. 18, 1994

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s