Au Japon, le Français Vincent Fichot toujours sans ses enfants


Source. Les Echos / Yann Rousseau

Un an après sa grève de la faim, pendant les Jeux Olympiques de Tokyo, le jeune père français a appris, ce jeudi, que son épouse japonaise allait obtenir la garde exclusive de leurs enfants qu’elle avait kidnappés en août 2018. Elle est pourtant sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis par la justice française.

Vincent Fichot a annoncé qu’il allait faire appel de la décision devant la Haute cour, mais doute de ses chances (photo : le 10 juillet 2021, à Tokyo). (Philip FONG/AFP)

Il y a un an, Vincent Fichot avait fait une grève de la faim de trois semaines devant le stade olympique de Tokyo pour essayer de sensibiliser le président Emmanuel Macron et l’opinion publique au drame qu’il vit depuis l’enlèvement de ses deux enfants franco-japonais en août 2018 par son épouse nippone. Ce jeudi, le tribunal des affaires familiales de Tokyo lui a refusé le droit de revoir Tsubasa (7 ans) et Kaede (5 ans) et a confié la garde exclusive à leur mère qui est pourtant recherchée, hors du Japon, pour des faits d’enlèvement et de maltraitance.

Saisie par Vincent Fichot, la justice française a émis, fin 2021, un mandat d’arrêt international contre son ancienne partenaire et fait diffuser cette décision dans le monde entier par Interpol. « Au final, le juge japonais s’est moqué de ces procédures judiciaires et a confié les enfants à une personne recherchée dans 195 pays », a regretté le père français. « Je suis extrêmement déçu pour Tsubasa et Kaede mais aussi pour les 400 enfants qui sont kidnappés chaque jour dans le pays par l’un de leurs parents. J’avais cru pouvoir créer un précédent. »

Un droit très conservateur

Devant le tribunal, il était soutenu par plusieurs pères et mères japonais qui se sont également fait voler leurs enfants par le biais d’un système légal ultra-conservateur. Contrairement à la plupart des autres pays développés et malgré une timide pression politique de quelques grandes capitales, dont Paris et Washington, et de plusieurs institutions internationales, le Japon ne reconnaît toujours pas la garde partagée en cas de séparation d’un couple et donne systématiquement la garde exclusive à un seul des parents. Le parent floué pouvant seulement tenter d’obtenir de rares de droits de visite, traditionnellement peu respectés.

« Aujourd’hui, le juge a purement appliqué le principe de la continuité. Il a expliqué que les enfants vivaient avec leur mère et devaient donc rester avec elle. Peu importe, le kidnapping originel, la maltraitance et les mandats d’arrêt étrangers », a regretté Akira Ueno, l’avocat du Français.

Un appel en vue

Vincent Fichot a annoncé qu’il allait faire appel de la décision devant la Haute cour, mais doute de ses chances. « Je continue de me battre mais je suis un peu au bout des recours et mes moyens sont de plus en plus limités », a-t-il expliqué, pointant les montants faramineux des dédommagements et des pensions qu’il doit verser à son épouse. Le tribunal lui a demandé, ce jeudi, de verser rapidement 38 millions de yens (280.000 euros) à son épouse pour la dédommager des pertes sur les actifs théoriques qu’ils possédaient au moment de l’enlèvement, ainsi qu’une pension mensuelle de 320.000 yens (2.300 euros) pour les enfants. « Je dois donc payer le kidnappeur pour ne pas revoir mes enfants », a ironisé Vincent Fichot qui, en quatre ans, n’a jamais pu apercevoir ni son fils, ni sa fille. S’il avait osé s’approcher de leur école ou de leur domicile, la police serait immédiatement intervenue pour l’arrêter.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s